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Editorial
This paper argues that discourses of love in Ghanaian market literature for youth offer a view into complex negotiations of agency and empowerment. Drawing on Deborah Durham's notion of youth as "social `shifters'" and Francis Nyamnjoh's conception of the "interconnectedness" of agency, I take Ghanaian market literature as one specific case of how African literature for youth foregrounds questions of continuity and change as African societies enter into increasingly complex global relations. In this literature for youth, received notions of love, often constructed out of impressions from American pop and hip hop music, carry new notions of agency that compete with existing "domesticated" forms. Authors like Ike Tandoh and Evelyn Tay employ discourses of love to offer youth alternative avenues for empowerment in a context of socio-economic disenfranchizement. In a creative process of "straddling", this writing both reveals and reproduces the contradictions that obtain in youth configurations of agency.

Dans le fondu des mots, poesie

H >> Huguette Bertrand >> Dans le fondu des mots, poesieHuguette Bertrand




DANS LE FONDU DES MOTS

poesie




Editions En Marge

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Zone de tendresse
libertes permises
si tant loin du corps
une douceur fluide
de l'aimante obscure
ses paroles translucides
repandues sur les noeuds
troublants d'une blessure
sur velours parfume
en ses songes repose
inalteree
desir secoue
par tant de baisers
alles se rejoindre
dans le tourbillon
des mots rouges
_______________________


Ce carnage dans les mots
suspendus sur le temps
carnet rieur
de tous nos maux
accomplissent l'automne
d'un present a l'autre
repasse dans la memoire
un vieux cri d'amour
brise s'enchaine
autour des formes
courroux d'une chair
pulse le sang
les sens tendus


10.10.00
_________________________


Sous un ciel ecorche
la mort ose
devenir saison
depouillee se repose
de ses soeurs frivoles
surannees
bouillonne sous l'ecorce
en ses sens
epuises

cette morose
ose la mort
peu de chose
a l'aurore


19.10.00
_____________________


En un clin d'oeil
les encres aneantissent la nuit
d'un trait
tracent des silences rouge sanguin
au coeur des pierres
au rythme des sens
s'animent les formes
dans un regard
oppresse


24.10.00
_________________________


Vie
secrets
ascension
jusqu'au sommet des sens
en plein desir
en plein delire
se consument
dans le feu du poeme
ses fremissements


25.10.00
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Assis sur le temps
le coeur trempe dans l'attente
etale sur le blanc
des pensees brumeuses
spontanees
en mouvement


25.10.00
_________________________


Etoile
l'automne fou
en ces douces coleres
annonce un hiver sombre
rage sage
son innocence


27.10.00
_________________________


Bel espoir
dont les levres
sont la pulpe de mes desirs


29.10.00
_________________________


Faut-il s'en vouloir
d'etre la
a crier des mots
qu'on ne veut plus entendre
passant par le noir des incertitudes
collees sur le pave d'un monde
a fric a freak
dans l'entre-deux langues
la notre extensible
a n'en plus finir de vivre
mais toujours en cette langue
du poeme que nous sommes
surprend nos moments fous
exaltes
en nos ames harnachees
par des silences mous
persistants
_________________________


Rire rouge
devant la lune folle
poussiere d'espace
rodeuse vieille rodeuse
allegrement se promene
sur la voie des songes
sous facettes multiples
s'eprend des va-nu-coeurs
epave flottante frivole
sur la noirceur d'une page
glisse entre les mots
pose son regard unique
sur le multiple
reconnait et recree le monde
a chaque instant


31.10.00
_________________________


L'INNE DIT

Cette ebauche m'a eveillee
m'a emmenee par la main
jusqu'aux murmures
ses vibrations
a travers le miroir d'une harmonie
lourd tresor
a peine delivre
se deplie sur le trace du feu
suit le contour du corps
au risque de brulures
effleure le gemissement de la vague
contorsion du ciel en son ventre
glisse sur les eaux trouble du desir
emporte en son remous
vers aussi loin
que les distances qui les separent


14.11.00
_________________________


Des brins de nostalgies
par vagues poudreuses
emportent les espoirs
vers de lointains lendemains
sans lendemain
vers des horizons spontanes
aussitot vus puis disparus
vers d'interminables saisons
que la vie egrene
sur un fauteuil sur mesure
a la mesure des recommencements
sans demi-mesure
ni le quart d'heure apprehende
ni l'instant d'apres
echoue sur le corps des mots
en leur plus doux paysage
entrevu au large
par ce va-et-vient
des gestes luxuriants


18.11.00
_________________________


Enfants du Sud
Enfants du Nord
qui du dehors avez froid
quand le dedans s'eprend d'un geste
d'une parole unique
venue dire
je t'aime


03.12.00
_________________________


DE CONFIDENCES EN EVIDENCES

Seducteur le temps
se joue des epoques
reprend sa marche
secoue la soif
en un respir redit le tendre
refait les gestes
poses sur l'affranchie

vent doux
vent d'ames
souffle sur l'immense
grise le temps
ses evidences


04.12.00
_________________________


Un soupir moribond
trainait sur la place
de l'espoir
respirait les echos
d'un lointain plaisir
incruste dans l'ame
de son present
toujours soupirait
entre les attentes
desordonnees


04.12.00
_________________________


OSER BAS

Je pense
J'ose
Je fais
Je dis
J'ecris
emportes par les tempetes du Nord
mes mots se dispersent
entre silence et ombre
en petits tas de cendres
s'affaissent sur l'ephemere
quelques braises encore
veillent sur la folie des gestes
improvises


05.12.00
_________________________


Un ciel rose m'est tombe dans l'oeil
par mon unique fenetre
m'a montre des femmes de silence
femmes de pluie
marchent dans leur nuit
voilees
murmurent sans echo
abandonnees dans leur regard
clos


07.12.00
_________________________


Il pleut des jours glaces
sur un amas de mots effarouches
deployes sur l'aujourd'hui
que demain rassemblera en un texte
long comme l'hier


16.12.00
_________________________


La durete des pierres
me prononce a chaque instant
me porte vers les mots
danse des mots sur les lignes
danse sur ma toile
debordent le cadre des tristesses
toujours combattues
dans l'amplitude du mouvement


17.12.00
_________________________


A l'eau toit, la-haut
sous une pluie d'etoiles
quand la peur rebelle hurle ses maux
defie les couleurs confuses
delirante projette sur la toile
l'infini d'un mouvement en pointilles
que la main trace d'un instant a l'autre
en ses durs silences
parmi ses jeux de lumieres incandescentes
eclate
marque le temps
ce temps d'etre la
dans l'instant
instant des recommencements

17.12.00
_________________________


Les mots immobiles
tracent mes silences
sur le mouvement des choses tues
mots tuant les maux
couleur des mots
au fil d'instants morts
morts des maux
mots des morts
mortellement mots
incarnes dans le mouvement
des maux
tus


17.12.00
_________________________


Rage de vie
rage de mots
rage de couleurs
repandue douce
au coeur de l'evenement
reprend le geste
refait les mots
recree la forme
retour au cercle
renait la vie
son mouvement
ondule


18.12.00
_________________________


A coeur a corps perdu
de l'oeil aux pieds
par les deux bouts
entre midi et quatorze heures
courir pattes blanches
derriere un lievre
trebucher sur le reve des autres
noyer ses peines dans l'eau remuante
des desirs
changer de cap
s'asseoir sur une branche
surveiller le temps
se moucher de temps en temps
semer des feux
ca et la
embrasser quatre chemins
puis ensuite s'endormir
entre les bras d'une etoile
a mourir de rire
dans un plume
ephemere


23.12.00
_________________________


Au rythme de la memoire
un long poeme s'ecrit
sans fin epelle l'amour
en d'intimes enlacements
deposes dans l'ecrin des jours
d'images en musiques
de musiques en paroles
paroles assidues
de connivence avec la terre brute
ses arrogances
ses manigances
a la croisee des regards
nus


23.12.00
_________________________


Oui la vie
ce long poeme agite
par le rouge et le noir des saisons
reprend la cle s'ouvre la porte
cherche la trace
du temps recueilli
se chuchote
en mille mots
transperce la peau
jusqu'au coeur se faufile
a travers pulsations
inedites

25.12.00
_________________________


Dans l'obscurite
j'avance dans mes pas bleus
sans trahir la lumiere autour
traces d'argile
sur les silences
en nos chairs s'abreuvent
a la source des desirs
eclates en sanglots
coulent sur la dure
emplissent les murs de mille voix
par vagues et chuchotements
d'une caresse se conjuguent
aux embrassements des lendemains
effrayes

25.12.00
_________________________


En ses doux murmures
me convie a la table des silences
durs silences
en son poeme
devoiles

a la frontiere
une caresse enserre l'obscur
depose en son centre
un regard neuf


25.12.00
_________________________


Avait-il mal a son monde
poete qu'il etait
s'abreuvait a sa source
en ses fibres
par son sang l'ecrivait
l'oeil coquin
souvent le buvait
d'un verre a l'autre
a travers ses larmes rieuses
ecrivit son long poeme
jusqu'a sa fin

26.12.00
_________________________


Si loin
le soleil s'abandonne
dans le chaud regard de l'oeil
que transpercent les mots
les uns derriere les autres
sans fin redisent
l'amour en pointilles
d'ebats en combats
par le sang
la vie l'ecrit
le boit le lie
au dernier regard
ennivre

04.01.01
_________________________


Dans les veines
d'un horizon glace
la substance des jours
traine sa longue plainte
sur la langueur des solitudes
verse le sang
rougi au feu des amours
sur la page
incendiee

04.01.01
_________________________


Ne tirez pas sur le poete
il marche dans sa chair glaise
entre les regards apaises
et les bouffees de silence
que l'amour emu
toujours remue
jusqu'a l'ivre-mort
mort ivre du vivant nonchalant
toujours il marche
dans sa glaise
glaise de vie
amour a vie
amour a mort

13.01.01
_________________________


Etendu blanc
sur un long souffle
l'hiver murmure des flocons
a n'en plus finir
s'attaque a nos endurances
apprises par coeur
quand deja s'entend
le ruissellement des seves
dans les veines d'avril
sous la glace
rompue

17.01.01
_________________________


A bout de souffle
le dernier mot
s'ecrase sur les phrases
glisse dans les abysses du coeur
sans retour givre dans la splendeur
d'un instant mort d'amour

c'etait l'autre histoire
une histoire imaginee
dans le nu d'un instant
une fievre passagere
un passage dementiel vers le haut pave du ciel
un ciel incarne dans un corps bien ne
gemissante tendresse en corps accord
perle douce perle rare
d'une autre histoire
ses mouvements
passagers

20.01.01
_________________________


En l'absence du desert
j'ai longe l'avenue des echanges
dans une ville etrangere
j'accentuai mon pas
sur une toile vierge offerte
aux reflets du soleil
emprisonnes dans la passion
de mes gestes spontanes
mouvements crepusculaires
alles se noyer rebelles
dans les fragrances de l'aube
emportee dans le remous d'un horizon
estompe

29.01.01
_________________________


Desir au pair
perdre l'idee
l'idee des mots
mots m'ont tuee
tue le nous
encore debout
le bout de tout
tout a l'envers
retour autour
d'un tour de taille
entaille le verbe
verborescence
a sens unique
nids d'hirondelles
ne riront d'elle
d'une aile a l'autre
sauter des mots
sauter des monts
montee de vie
via l'amour


29.01.01
_________________________


Histoire de parole
parole du sens
sens en mouvement
musique des mots
mouvement rythme
cadence du corps
d'accords brises
reprend son souffle
retour aux sens
remet les mots
rejoint le sens
son mouvement

05.02.01
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Le temps ne m'aime plus
le temps ne m'aime plus
que dans l'ephemere des instants
derive d'instants sur l'ame fragmentee
derive les fragments sur les mots
beaute mouvante d'une parole
au-dessus de l'abyme
prison de soie
prison de chair
assiegee par la vague
d'une mer amoureuse
son repli


10.02.01
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Lui parler pres du coeur
murmurer en son centre
ce doux temps
cet espace
a travers le silence
a jamais
poetique


16.02.01

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Affaissee dans ses mots
une femme sur un lit
de desirs se replie
quand l'esprit d'un oiseau
de l'epaule s'evade
d'une douce emprise
des distances
d'une parole
a demeure en son etre
exposee
au soleil des durees


17.02.01
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L'AMER ARRIME

Charmes de chair de serpent
rampant sur ses miseres
deployees sur le temps
d'une nuit mensongere

s'est dressee une barriere
en mon coeur de metal
faisant treve de tout mal
que mon ame ne tolere

excusez-la
excusez-moi
ca va oui merci
et vous moi non plus
s'arrime de vous a moi
sans moi la detente
s'abandonne la jouissance
jouirez-vous non pas du tout
tout a vous en mille bisous
dans le delire du tout a nous

18.02.01
_________________________


EN TOUT SENS

Magnetique
elle est sans cesse en mouvement
elle bouge beau dans ses heures
chaque instant la ramene
sur le douillet du tendre
son corps roule exalte
dans les flammes du coeur
trempe dans la gourmandise
d'un regard neuf
plonge dans le plaisir nu
jusqu'au seuil de l'abandon
s'accorde aux ondes de qui l'a vue
a travers l'absolu de son infinitude


20.02.01



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(C) Editions En Marge et Huguette Bertrand
Depot legal / mars 2001
Bibliotheque nationale du Quebec
Bibliotheque nationale du Canada
ISBN 2-921818-22-1
Tous droits reserves - All rights reserved

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Ce recueil de poesie est aussi edite sur le site web de la
Bibliotheque nationale du Canada dans sa collection electronique
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