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Annual Bibliography of Commonwealth Literature 2007
This paper argues that discourses of love in Ghanaian market literature for youth offer a view into complex negotiations of agency and empowerment. Drawing on Deborah Durham's notion of youth as "social `shifters'" and Francis Nyamnjoh's conception of the "interconnectedness" of agency, I take Ghanaian market literature as one specific case of how African literature for youth foregrounds questions of continuity and change as African societies enter into increasingly complex global relations. In this literature for youth, received notions of love, often constructed out of impressions from American pop and hip hop music, carry new notions of agency that compete with existing "domesticated" forms. Authors like Ike Tandoh and Evelyn Tay employ discourses of love to offer youth alternative avenues for empowerment in a context of socio-economic disenfranchizement. In a creative process of "straddling", this writing both reveals and reproduces the contradictions that obtain in youth configurations of agency.

Le Docteur Pascal

E >> Emile Zola >> Le Docteur Pascal

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Elle s'interrogea, elle n'eprouva pas la detresse qui l'angoissait, jadis,
lorsqu'elle songeait au lendemain de la mort. Cette preoccupation de l'au
dela ne la hantait plus jusqu'a la torture. Autrefois, elle aurait voulu
arracher violemment du ciel le secret de la destinee. C'etait, en elle, une
infinie tristesse d'etre, sans savoir pourquoi elle etait. Que venait-on
faire sur la terre? quel etait le sens de cette existence execrable, sans
egalite, sans justice, qui lui apparaissait comme le cauchemar d'une nuit
de delire? Et son frisson s'etait calme, elle pouvait songer a ces choses,
courageusement. Peut-etre etait-ce l'enfant, cette continuation
d'elle-meme, qui lui cachait desormais l'horreur de sa fin. Mais il y avait
aussi la beaucoup de l'equilibre ou elle vivait, cette pensee qu'il fallait
vivre pour l'effort de vivre, et que la seule paix possible, en ce monde,
etait dans la joie de cet effort accompli. Elle se repetait une parole du
docteur qui disait souvent, lorsqu'il voyait un paysan rentrer, l'air
paisible, apres sa journee faite: "En voila un que la querelle de l'au dela
n'empechera pas de dormir." Il voulait dire que cette querelle ne s'egare
et ne se pervertit que dans le cerveau enfievre des oisifs. Si tous
faisaient leur tache, tous dormiraient tranquillement. Elle-meme avait
senti cette toute-puissance bienfaitrice du travail, au milieu de ses
souffrances et de ses deuils. Depuis qu'il lui avait appris l'emploi de
chacune de ses heures, depuis surtout qu'elle etait mere, sans cesse
occupee de son enfant, elle ne sentait plus le frisson de l'inconnu lui
passer sur la nuque, en un petit souffle glace. Elle ecartait sans lutte
les reveries inquietantes; et, si une crainte la troublait encore, si une
des amertumes quotidiennes lui noyait le coeur de nausees, elle trouvait un
reconfort, une force de resistance invincible, dans cette pensee que son
enfant avait un jour de plus, ce jour-la, qu'il en aurait un autre de plus,
le lendemain, que jour a jour, page a page, son oeuvre vivante s'achevait.
Cela la reposait delicieusement de toutes les miseres. Elle avait une
fonction, un but, et elle le sentait bien a sa serenite heureuse, elle
faisait surement ce qu'elle etait venue faire.

Cependant, a cette minute meme, elle comprit que la chimerique n'etait pas
morte tout entiere en elle. Un leger bruit venait de voler dans le profond
silence, et elle avait leve la tete; quel etait le mediateur divin qui
passait? peut-etre le cher mort qu'elle pleurait et qu'elle croyait deviner
a son entour. Toujours, elle devait rester un peu l'enfant croyante
d'autrefois, curieuse du mystere, ayant le besoin instinctif de l'inconnu.
Elle avait fait la part de ce besoin, elle l'expliquait meme
scientifiquement. Si loin que la science recule les bornes des
connaissances humaines, il est un point sans doute qu'elle ne franchira
pas; et c'etait la, precisement, que Pascal placait l'unique interet a
vivre, dans le desir qu'on avait de savoir sans cesse davantage. Elle, des
lors, admettait les forces ignorees ou le monde baigne, un immense domaine
obscur, dix fois plus large que le domaine conquis deja, un infini
inexplore a travers lequel l'humanite future monterait sans fin. Certes,
c'etait la un champ assez vaste, pour que l'imagination put s'y perdre. Aux
heures de songerie, elle y contentait la soif imperieuse que l'etre semble
avoir de l'au dela, une necessite d'echapper au monde visible, de contenter
l'illusion de l'absolue justice et du bonheur a venir. Ce qui lui restait
de son tourment de jadis, ses envolees dernieres s'y apaisaient, puisque
l'humanite souffrante ne peut vivre sans la consolation du mensonge. Mais
tout se fondait heureusement en elle. A ce tournant d'une epoque surmenee
de science, inquiete des ruines qu'elle avait faites, prise d'effroi devant
le siecle nouveau, avec l'envie affolee de ne pas aller plus loin et de se
rejeter en arriere, elle filait l'heureux equilibre, la passion du vrai
elargie par le souci de l'inconnu. Si les savants sectaires fermaient
l'horizon pour s'en tenir strictement aux phenomenes, il lui etait permis,
a elle, bonne creature simple, de faire la part de ce qu'elle ne savait
pas, de ce qu'elle ne saurait jamais. Et, si le credo de Pascal etait la
conclusion logique de toute l'oeuvre, l'eternelle question de l'au dela
qu'elle continuait quand meme a poser au ciel, rouvrait la porte de
l'infini, devant l'humanite en marche. Puisque toujours il faudra
apprendre, en se resignant a ne jamais tout connaitre, n'etait-ce pas
vouloir le mouvement, la vie elle-meme, que de reserver le mystere, un
eternel doute et un eternel espoir?

Un nouveau bruit, une aile qui passa, l'effleurement d'un baiser sur ses
cheveux, la fit sourire cette fois. Il etait surement la. Et tout en elle
aboutissait a une tendresse immense, venue de partout, noyant son etre.
Comme il etait bon et gai, et quel amour des autres lui donnait sa passion
de la vie! Lui-meme peut-etre n'etait qu'un reveur, car il avait fait le
plus beau des reves, cette croyance finale a un monde superieur, quand la
science aurait investi l'homme d'un pouvoir incalculable: tout accepter,
tout employer au bonheur, tout savoir et tout prevoir, reduire la nature a
n'etre qu'une servante, vivre dans la tranquillite de l'intelligence
satisfaite! En attendant, le travail voulu et regle suffisait a la bonne
sante de tous. Peut-etre la souffrance serait-elle utilisee un jour. Et, en
face du labeur enorme, devant cette somme des vivants, des mechants et des
bons, admirables quand meme de courage et de besogne, elle ne voyait plus
qu'une humanite fraternelle, elle n'avait plus qu'une indulgence sans
bornes, une infinie pitie et une charite ardente. L'amour, comme le soleil,
baigne la terre, et la bonte est le grand fleuve ou boivent tous les
coeurs.

Clotilde, depuis deux heures bientot, tirait son aiguille, du meme
mouvement regulier, pendant que sa reverie s'egarait. Mais les cordons des
petites brassieres etaient recousus, elle avait aussi marque des couches
neuves, achetees la veille. Et elle se leva, ayant fini sa couture, voulant
ranger ce linge. Au dehors, le soleil baissait, les fleches d'or
n'entraient plus que tres minces et obliques, par les fentes. Elle voyait a
peine clair, elle dut aller ouvrir un volet; puis, elle s'oublia un
instant, devant le vaste horizon, brusquement deroule. La grosse chaleur
tombait, un vent leger soufflait dans l'admirable ciel, d'un bleu sans
tache. A gauche, on distinguait jusqu'aux moindres touffes de pins, parmi
les ecroulements sanglants des rochers de la Seille; tandis que, vers la
droite, apres les coteaux de Sainte-Marthe, la vallee de la Viorne
s'etalait a l'infini, dans le poudroiement d'or du couchant. Elle regarda
un instant la lourde Saint-Saturnin, toute en or elle aussi, dominant la
ville rose; et elle se retirait, lorsqu'un spectacle la ramena, la retint,
accoudee, longtemps encore.

C'etait, au dela de la ligne du chemin de fer, un grouillement de foule,
qui se pressait dans l'ancien Jeu de Mail. Clotilde se rappela aussitot la
ceremonie, et elle comprit que sa grand'mere Felicite allait poser la
premiere pierre de l'Asile Rougon, le monument victorieux, destine a porter
la gloire de la famille aux ages futurs. Des preparatifs enormes etaient
faits depuis huit jours, on parlait d'une auge et d'une truelle en argent,
dont la vieille dame devait se servir en personne, ayant tenu a figurer, a
triompher, avec ses quatre-vingt-deux ans. Ce qui la gonflait d'un orgueil
royal, c'etait qu'elle achevait la conquete de Plassans pour la troisieme
fois, en cette circonstance; car elle forcait la ville entiere, les trois
quartiers a se ranger autour d'elle, a lui faire escorte et a l'acclamer,
comme une bienfaitrice. Il devait y avoir, en effet, des dames
patronnesses, choisies parmi les plus nobles du quartier Saint-Marc, une
delegation des societes ouvrieres du vieux quartier, enfin les habitants
les mieux connus de la ville neuve, des avocats, des notaires, des
medecins, sans compter le petit peuple, un flot de gens endimanches, se
ruant la, ainsi qu'a une fete. Et, au milieu de ce triomphe supreme, elle
etait peut-etre plus orgueilleuse encore, elle, une des reines du second
empire, la veuve qui portait si dignement le deuil du regime dechu, d'avoir
vaincu la jeune republique, en l'obligeant, dans la personne du
sous-prefet, a la venir saluer et remercier. Il n'avait d'abord ete
question que d'un discours du maire; mais il etait certain, depuis la
veille, que le sous-prefet, lui aussi, parlerait. De si loin, Clotilde ne
distinguait qu'un tumulte de redingotes noires et de toilettes claires,
sous l'eclatant soleil. Puis, il y eut un bruit perdu de musique, la
musique des amateurs de la ville, dont le vent, par instants, lui apportait
les sonorites de cuivre.

Elle quitta la fenetre, elle vint ouvrir la grande armoire de chene, pour y
serrer son travail, reste sur la table. C'etait dans cette armoire, si
pleine autrefois des manuscrits du docteur, et vide aujourd'hui, qu'elle
avait range la layette de l'enfant. Elle semblait sans fond, immense,
beante; et, sur les planches nues et vastes, il n'y avait plus que les
langes delicats, les petites brassieres, les petits bonnets, les petits
chaussons, les tas de couches, toute cette lingerie fine, cette plume
legere d'oiseau encore au nid. Ou tant d'idees avaient dormi en tas, ou
s'etait accumule pendant trente annees l'obstine labeur d'un homme, dans un
debordement de paperasses, il ne restait que le lin d'un petit etre, a
peine des vetements, les premiers linges qui le protegeaient pour une
heure, et dont il ne pourrait bientot plus se servir. L'immensite de
l'antique armoire en paraissait egayee et toute rafraichie.

Lorsque Clotilde eut range sur une planche les couches et les brassieres,
elle apercut, dans une grande enveloppe, les debris des dossiers qu'elle
avait remis la, apres les avoir sauves du feu. Et elle se souvint d'une
priere que le docteur Ramond etait venu lui adresser la veille encore:
celle de regarder si, parmi ces debris, il ne restait aucun fragment de
quelque importance, ayant un interet scientifique. Il etait desespere de la
perte des manuscrits inestimables que lui avait legues le maitre. Tout de
suite apres la mort, il s'etait bien efforce de rediger l'entretien supreme
qu'il avait eu, cet ensemble de vastes theories exposees par le moribond
avec une serenite si heroique; mais il ne retrouvait que des resumes
sommaires, il lui aurait fallu les etudes completes, les observations
faites au jour le jour, les resultats acquis et les lois formulees. La
perte demeurait irreparable, c'etait une besogne a recommencer, et il se
lamentait de n'avoir que des indications, il disait qu'il y aurait la, pour
la science, un retard de vingt ans au moins, avant qu'on reprit et qu'on
utilisat les idees du pionnier solitaire, dont une catastrophe sauvage et
imbecile avait detruit les travaux.

L'Arbre genealogique, le seul document intact, etait joint a l'enveloppe,
et Clotilde apporta le tout sur la table, pres du berceau. Quand elle eut
sorti les debris un a un, elle constata, ce dont elle etait deja a peu pres
certaine, que pas une page entiere de manuscrit ne restait, pas une note
complete ayant un sens. Il n'existait que des fragments, des bouts de
papier a demi brules et noircis, sans lien, sans suite. Mais, pour elle, a
mesure qu'elle les examinait, un interet se levait de ces phrases
incompletes, de ces mots a moitie manges par le feu, ou tout autre n'aurait
rien compris. Elle se souvenait de la nuit d'orage, les phrases se
completaient, un commencement de mot evoquait les personnages, les
histoires. Ce fut ainsi que le nom de Maxime tomba sous ses yeux; et elle
revit l'existence de ce frere qui lui etait reste etranger, dont la mort,
deux mois plus tot, l'avait laissee presque indifferente. Ensuite, une
ligne tronquee contenant le nom de son pere, lui causa un malaise; car elle
croyait savoir que celui-ci avait mis dans sa poche la fortune et l'hotel
de son fils, grace a la niece de son coiffeur, cette Rose si candide, payee
d'un tant pour cent genereux. Puis, elle rencontra encore d'autres noms,
celui de son oncle Eugene, l'ancien vice-empereur, ensommeille a cette
heure, celui de son cousin Serge, le cure de Saint-Eutrope, qu'on lui avait
dit phtisique et mourant, la veille. Et chaque debris s'animait, la famille
execrable et fraternelle renaissait de ces miettes, de ces cendres noires
ou ne couraient plus que des syllabes incoherentes.

Alors, Clotilde eut la curiosite de deplier et d'etaler sur la table
l'Arbre genealogique. Une emotion l'avait gagnee, elle etait tout attendrie
par ces reliques; et, lorsqu'elle relut les notes ajoutees au crayon par
Pascal, quelques minutes avant d'expirer, des larmes lui vinrent aux yeux.
Avec quelle bravoure il avait inscrit la date de sa mort! et comme on
sentait son regret desespere de la vie, dans les mots trembles annoncant la
naissance de l'enfant! L'Arbre montait, ramifiait ses branches,
epanouissait ses feuilles, et elle s'oubliait longuement a le contempler, a
se dire que toute l'oeuvre du maitre etait la, toute cette vegetation
classee et documentee de leur famille. Elle entendait les paroles dont il
commentait chaque cas hereditaire, elle se rappelait ses lecons. Mais les
enfants surtout l'interessaient. Le confrere auquel le docteur avait ecrit
a Noumea, pour obtenir des renseignements sur l'enfant ne d'un mariage
d'Etienne, au bagne, s'etait decide a repondre; seulement, il ne disait que
le sexe, une fille, et qui paraissait bien portante. Octave Mouret avait
failli perdre la sienne, tres frele, tandis que son petit garcon continuait
a etre superbe. D'ailleurs, le coin de belle sante vigoureuse, de fecondite
extraordinaire, etait toujours a Valqueyras, dans la maison de Jean, dont
la femme, en trois annees, avait eu deux enfants, et etait grosse d'un
troisieme. La nichee poussait gaillardement au grand soleil, en pleine
terre grasse, pendant que le pere labourait, et que la mere, au logis,
faisait bravement la soupe et torchait les mioches. Il y avait la assez de
seve nouvelle et de travail, pour refaire un monde. Clotilde, a ce moment,
crut entendre le cri de Pascal: "Ah! notre famille, que va-t-elle devenir,
a quel etre aboutira-t-elle enfin?" Et elle-meme retombait a une reverie,
devant l'Arbre prolongeant dans l'avenir ses derniers rameaux. Qui savait
d'ou naitrait la branche saine? Peut-etre le sage, le puissant attendu
germerait-il la.

Un leger cri tira Clotilde de ses reflexions. La mousseline du berceau
semblait s'animer d'un souffle, c'etait l'enfant qui, reveille, appelait et
s'agitait. Tout de suite, elle le reprit, l'eleva gaiement en l'air, pour
qu'il baignat dans la lumiere doree du couchant. Mais il n'etait point
sensible a cette fin d'un beau jour; ses petits yeux vagues se detournaient
du vaste ciel, pendant qu'il ouvrait tout grand son bec rose d'oiseau sans
cesse affame. Et il pleurait si fort, il avait un reveil si goulu, qu'elle
se decida a lui redonner le sein. Du reste, c'etait son heure, il y avait
trois heures qu'il n'avait tete.

Clotilde revint s'asseoir, pres de la table. Elle l'avait pose sur ses
genoux, ou il n'etait guere sage, criant plus fort, s'impatientant; et elle
le regardait avec un sourire, tandis qu'elle degrafait sa robe. La gorge
apparut, la gorge menue et ronde, que le lait avait gonflee a peine. Une
legere aureole de bistre avait seulement fleuri le bout du sein, dans la
blancheur delicate de cette nudite de femme, divinement elancee et jeune.
Deja, l'enfant sentait, se soulevait, tatonnait des levres. Quand elle lui
eut pose la bouche, il eut un petit grondement de satisfaction, il se rua
tout en elle, avec le bel appetit vorace d'un monsieur qui voulait vivre.
Il tetait a pleine gencives, avidement. D'abord, de sa petite main libre,
il avait saisi le sein a poignee, comme pour le marquer de sa possession,
le defendre et le garder. Puis, dans la joie du ruissellement tiede dont il
avait plein la gorge, il s'etait mis a lever son petit bras en l'air, tout
droit, ainsi qu'un drapeau. Et Clotilde gardait son inconscient sourire, a
le voir, si vigoureux, se nourrir d'elle. Les premieres semaines, elle
avait beaucoup souffert d'une crevasse; maintenant encore, le sein restait
sensible; mais elle souriait quand meme, de cet air paisible des meres
heureuses de donner leur lait, comme elles donneraient leur sang.

Quand elle avait degrafe son corsage, et que sa gorge, sa nudite de mere
s'etait montree, un autre mystere d'elle, un de ses secrets les plus caches
et les plus delicieux, etait apparu: le fin collier aux sept perles, les
les etoiles laiteuses que le maitre avait mises a son cou, un jour de
misere, dans sa folie passionnee du don. Depuis qu'il etait la, personne ne
l'avait plus revu. Il faisait comme partie de sa pudeur, il etait de sa
chair, si simple, si enfantin. Et, tout le temps que l'enfant tetait, elle
seule le revoyait, attendrie, revivant le souvenir des baisers dont il
semblait avoir garde l'odeur tiede.

Une bouffee de musique, au loin, etonna Clotilde. Elle tourna la tete,
regarda vers la campagne, toute blonde et doree par le soleil oblique. Ah!
oui, cette ceremonie, cette pierre que l'on posait, la-bas! Et elle ramena
les yeux sur l'enfant, elle s'absorba de nouveau dans le plaisir de lui
voir un si bel appetit. Elle avait attire un petit banc pour relever l'un
de ses genoux, elle s'etait appuyee d'une epaule contre la table, a cote de
l'Arbre et des fragments noircis des dossiers. Sa pensee flottait, allait a
une douceur divine, tandis qu'elle sentait le meilleur d'elle-meme, ce lait
pur, couler a petit bruit, faire de plus en plus sien le cher etre sorti de
son flanc. L'enfant etait venu, le redempteur peut-etre. Les cloches
avaient sonne, les rois mages s'etaient mis en route, suivis des
populations, de toute la nature en fete, souriant au petit dans ses langes.
Elle, la mere, pendant qu'il buvait sa vie, revait deja d'avenir. Que
serait-il, quand elle l'aurait fait grand et fort, en se donnant toute? Un
savant qui enseignerait au monde un peu de la verite eternelle, un
capitaine qui apporterait de la gloire a son pays, ou mieux encore un de
ces pasteurs de peuple qui apaisent les passions et font regner la justice?
Elle le voyait tres beau, tres bon, tres puissant. Et c'etait le reve de
toutes les meres, la certitude d'etre accouchee du messie attendu; et il y
avait la, dans cet espoir, dans cette croyance obstinee de chaque mere au
triomphe certain de son enfant, l'espoir meme qui fait la vie, la croyance
qui donne a l'humanite la force sans cesse renaissante de vivre encore.

Quel serait-il, l'enfant? Elle le regardait, elle tachait de lui trouver
des ressemblances. De son pere, certes, il avait le front et les yeux,
quelque chose de haut et de solide dans la carrure de la tete. Elle-meme se
reconnaissait en lui, avec sa bouche fine et son menton delicat. Puis,
sourdement inquiete, c'etaient les autres qu'elle cherchait, les terribles
ascendants, tous ceux qui etaient la, inscrits sur l'Arbre, deroulant la
poussee des feuilles hereditaires. Etait-ce donc a celui-ci, a celui-la, ou
a cet autre encore, qu'il ressemblerait? Et elle se calmait pourtant, elle
ne pouvait pas ne pas esperer, tellement son coeur etait gonfle de
l'eternelle esperance. La foi en la vie que le maitre avait enracinee en
elle, la tenait brave, debout, inebranlable. Qu'importaient les miseres,
les souffrances, les abominations! la sante etait dans l'universel travail,
dans la puissance qui feconde et qui enfante. L'oeuvre etait bonne, quand
il y avait l'enfant, au bout de l'amour. Des lors, l'espoir se rouvrait,
malgre les plaies etalees, le noir tableau des hontes humaines. C'etait la
vie perpetuee, tentee encore, la vie qu'on ne se lasse pas de croire bonne,
puisqu'on la vit avec tant d'acharnement, au milieu de l'injustice et de la
douleur.

Clotilde avait eu un regard involontaire sur l'Arbre des ancetres, deploye
pres d'elle. Oui! la menace etait la, tant de crimes, tant de boue, parmi
tant de larmes et tant de bonte souffrante! Un si extraordinaire melange de
l'excellent et du pire, une humanite en raccourci, avec toutes ses tares et
toutes ses luttes! C'etait a se demander si, d'un coup de foudre, il
n'aurait pas mieux valu balayer, cette fourmiliere gatee et miserable. Et,
apres tant de Rougon terribles, apres tant de Macquart abominables, il en
naissait encore un, la vie ne craignait pas d'en creer un de plus, dans le
defi brave de son eternite. Elle poursuivait son oeuvre, se propageait
selon ses lois, indifferente aux hypotheses, en marche pour son labeur
infini. Au risque de faire des monstres, il fallait bien qu'elle creat,
puisque, malgre les malades et les fous qu'elle cree, elle ne se lasse pas
de creer, avec l'espoir sans doute que les bien portants et les anges
viendront un jour. La vie, la vie qui coule en torrent, qui continue et
recommence, vers l'achevement ignore! la vie ou nous baignons, la vie aux
courants infinis et contraires, toujours mouvante et immense, comme une mer
sans bornes!

Un elan de ferveur maternelle monta du coeur de Clotilde, heureuse de
sentir la petite bouche vorace la boire sans fin. C'etait une priere, une
invocation. A l'enfant inconnu, comme au dieu inconnu! A l'enfant qui
allait etre demain, au genie qui naissait peut-etre, au messie que le
prochain siecle attendait, qui tirerait les peuples de leur doute et de
leur souffrance! Puisque la nation etait a refaire, celui-ci ne venait-il
pas pour cette besogne? Il reprendrait l'experience, releverait les murs,
rendrait une certitude aux hommes tatonnants, batirait la cite de justice,
ou l'unique loi du travail assurerait le bonheur. Dans les temps troubles,
on doit attendre les prophetes. A moins qu'il ne fut l'Antechrist, le demon
devastateur, la bete annoncee qui purgerait la terre de l'impurete devenue
trop vaste. Et la vie continuerait malgre tout, il faudrait seulement
patienter des milliers d'annees encore, avant que paraisse l'autre enfant
inconnu, le bienfaiteur.

Mais l'enfant avait epuise le sein droit; et, comme il se fachait, Clotilde
le retourna, lui donna le sein gauche. Puis, elle se remit a sourire, sous
la caresse des petites gencives gloutonnes. Quand meme, elle etait
l'esperance. Une mere qui allaite, n'est-ce pas l'image du monde continue
et sauve? Elle s'etait penchee, elle avait rencontre ses yeux limpides, qui
s'ouvraient ravis, desireux de la lumiere. Que disait-il, le petit etre,
pour qu'elle sentit battre son coeur, sous le sein qu'il epuisait? Quelle
bonne parole annoncait-il, avec la legere succion de sa bouche? A quelle
cause donnerait-il son sang, lorsqu'il serait un homme, fort de tout ce
lait qu'il aurait bu? Peut-etre ne disait-il rien, peut-etre mentait-il
deja, et elle etait si heureuse pourtant, si pleine d'une absolue confiance
en lui!

De nouveau, les cuivres lointains eclaterent en fanfares. Ce devait etre
l'apotheose, la minute ou la grand'mere Felicite, avec sa truelle d'argent,
posait la premiere pierre du monument eleve a la gloire des Rougon. Le
grand ciel bleu, que rejouissaient les gaietes du dimanche, etait en fete.
Et, dans le tiede silence, dans la paix solitaire de la salle de travail,
Clotilde souriait a l'enfant, qui tetait toujours, son petit bras en l'air,
tout droit, dresse comme un drapeau d'appel a la vie.


FIN





ARBRE GENEALOGIQUE DES ROUGON-MACQUART

+---------------------------+
| Charles Rougon, dit |
| Saccard: |
| |
| ne en 1857; meurt d'une |
|hemorragie nasale, en 1873 |
|[Heredite en retour sautant|
| trois generations. | +---------------------------+
| Ressemblance morale et | | L'Enfant inconnu: |
|physique d'Adelaide Fouque.| | |
| Derniere expression de | | a naitre en 1874. |
| l'epuisement d'une race]. | | Quel sera-t-il? |
+---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+
##### #### |Louis Coupeau, dit Louiset:|
+---------------------------+ #### | |
|Maxime Rougon, dit Saccard:| #### +---------------------------+ |ne en 1867; meurt en 1870, |
| | #### | Jacques-Louis Lantier: | | de la petite verole |
| ne en 1840; a un fils, en | +---------------------------+ | ne en 1860, hydrocephale, | | [Election de la mere, |
| 1857, d'une servante, | | Clotilde Rougon, dite | | meurt en 1869 [Election | |ressemblance physique de la|
|Justine Megot, chlorotique,| | Saccard: | | du pere. Ressemblance | | mere]. |
|fille d'alcoolique; epouse,| | | | physique du pere]. | +---------------------------+
|en 1863, Louise de Mareuil,| |nee en 1847; a, en 1874, de| +---------------------------+ ####
|qu'il perd la meme annee et| | son oncle Pascal, un fils | ### ####
|dont il n'a pas d'enfants' | | [Election de la mere. | ### +---------------------------+
| meurt ataxique, en 1873. | | Heredite en retour avec | +---------------------------+ | Anna Coupeau, dite Nana: |
| [Melange dissemination. | | predominance morale et | +---------------------------+ | Claude Lantier: | | |
|Predominance morale du pere| |physique de son grand-pere | |Victor Rougon, dit Saccard:| | | | nee en 1852, a, d'un |
|et ressemblance physique de| | maternel, le commandant | | ne en 1853. [Melange | +---------------------------+ |ne en 1842; epouse,en 1865,| | cousin, un enfant, Louis, |
|la mere]. Oisif, mangeur de| | Sicardot]. Vit encore, a | | soudure. Ressemblance | | Octave Mouret: | |Christine Hallegrain, dont | | en 1867, et le perd en |
| fortunes faites. | | Plassans. | |physique du pere]. Disparu.| | | |le pere etait paraplegique,| |1870; meurt elle-meme de la|
+---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ | ne en 1840; epouse, en | |maitresse avec laquelle il | +---------------------------+ | petite verole, quelques |
##### #### ##### |1865, Madame Hedouin, qu'il| +---------------------------+ |vit depuis six ans et dont | +---------------------------+ | Etienne Lantier: | | jours plus tard. [Melange |
##### #### ##### | perd la meme annee; se | | Jeanne Grandjean: | |il a un fils Jacques, age | | Jacques Lantier: | | | | soudure. Predominance |
##### #### ##### | remarie en 1869, avec | | | |de cinq ans; perd ce fils, | | | | ne en 1846. [Melange | | morale du pere. |
##### #### ##### | Denise Baudu, saine et | +---------------------------+ |nee en 1842; meurt en 1855,| |en 1869, et lui-meme se | |ne en 1844, meurt en 1870, | |dissemination. Ressemblance| |Ressemblance physique, par |
##### #### ##### +---------------------------+ |equilibree, dont il a deux | | Serge Mouret: | | a la suite d'accidents | |pend, en 1870 [Melange | |d'accident. [Election de la| | physique de la mere, puis | |influence, avec le premier |
####### #### ##### | Angelique Rougon: | | enfants, une fille et un | | | | nerveux. [Heredite en | |fusion. Predominance morale| |mere. Ressemblance physique| | du pere]. Mineur. Vit | |amant de sa mere, Lantier. |
# +---------------------------+ | | |garcon, trop jeunes encore | | ne en 1841 [Melange | +---------------------------+ | retour, sautant deux | |et ressemblance p hysique | | du pere. Heredite de | |encore, a Noumea, deporte. | |Heredite de l'alcoolisme se|
| Aristide Rougon, dit | | nee en 1851; epouse, en | | pour etre classes. | |dissemination. Ressemblance| | Desiree Mouret: | | generations. Ressemblance | +---------------------------+ |de la mere. Heredite d'une | |l'alcoolisme se tournant en| |Marie la-bas, dit-on, et a | | tournant en perversion |
| Saccard: | | 1869, Felicien de | | [Election du pere. | | morale et physique de la | | | | physique et morale | | Pauline Quenu: | |nevrose se tournant en | | folie homicide. Etat de | | des enfants, peu-etre, | |morale et physique. Etat de|
| | | Hautecoeur, et meurt le | | Ressemblance physique de | | mere. Cerveau du pere | |nee en 1844 [Election de la| | d'Adelaide Fouque]. | | | |genie]. Peintre. | | crime]. Mecanicien. | | qu'on ne peut classer. | | vice]. |
| ne en 1815; epouse, en | |meme jour, d'un mal qui n'a| | son oncle Eugene Rougon; | | trouble par l'influence | |mere. Ressemblance physique| +---------------------------+ | nee en 1852; ne s'est pas | +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+
| 1836, Angele Sicardot, | |pu etre constate. [Inneite.| | heredite indirecte]. | | morbide de la mere. | |de la mere. Heredite d'une | #### |mariee. [Melange equilibre.| ###### ###### ###### #######
| calme et reveuse, fille | |Aucune ressemblance avec la| |Fondateur et directeur des | | Heredite d'une nevrose se | | nevrose se tournant en | #### | Ressemblance physique et | ###### ##### ##### ######
| d'un Commandant; en a un | |mere et son ascendance. Du | |grands magasins Au Bonheur | | tournant en mysticisme]. | |imbecillite]. Vit encore a | #### | morale du pere et de la | ###### ##### ##### ######
|fils en 1840, et une fille | |cote du pere, les documents| | des Dames. Vit encore a | |Pretre. Vit encore, cure de| | St.-Eutrope, avec son | +---------------------------+ | mere. Etat d'honnetete]. | ###### ##### ##### ######
| en 1847, et perd sa femme | | font defaut]. | | Paris. | | St.-Eutrope. | | frere. | | Helene Mouret: | | Vit encore, a Bonneville. | ###### #### ##### ######
| en 1854; a eu en 1853 un | +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ | | +---------------------------+ ##### #### ##### ######
| fils adulterin d'une | ###### ##### ###### ##### | nee en 1824; epouse, en | ###### ##### #### #### #####
| ouvriere, Rosalie | +---------------------------+ #### #### #### |1841, Grandjean, chetif et | ###### ##### #### #### #####
|Chavaille, qui comptait des| | Sidonie Rougon: | #### #### #### | predispose a la phthisie; | ###### +---------------------------+ +---------------------------+
+---------------------------+ | phthisiques et des | | | +---------------------------+ #### +---------------------------+ | en a une fille en 1843; | ###### | Gervaise Macquart: | | Jean Macquart: |
| Pascal Rougon: | | epileptiques dans son | | nee en 1818; epouse, en | | Marthe Rougon: |## #### ##| Francois Mouret: | | perd so mari d'une | ###### | | | |
+---------------------------+ | | |ascendance; se remarie, en | | 1838, un clerc d'avoue de | | |#### #### ####| | | bronchite, en 1853, se | +---------------------------+ | nee en 1828; a trois | |ne en 1831; epouse, en |
| Eugene Rougon: | |ne en 1813; celibataire; a | |1855, avec Renee Beraud Du | | Plassans qu'elle perd a | | nee en 1820; epouse, en | ##### ###### ##### | ne en 1817; epouse, en | | remarie, en 1857, avec M. | | Lisa Macquart: | | garcons d'un amant, | |1867, Francoise Mouche, |
| | | un enfant posthume de sa | | Chatel, qui meurt sans | | Paris, en 1850; a d'un | | 1840, son cousin Francois | ######################### | 1840, sa cousine Marthe | |Rambaud, dont elle n'a pas | | | |Lantier, dont l'ascendance | |qu'il perd en 1870, sans |
| ne en 1811; epouse, en | | niece Clotilde Rougon, en | |enfants, en 1864. [Melange | | inconnu, en 1851, une | | Mouret, dont elle a trois | ####################### | Rougon, dont il a trois | | d'enfants [Inneite. | | nee en 1827; epouse, en | | compte des paralytiques, | |en avoir eu d'enfants; se |
| 1857, Veronique Beulin | | 1874; meurt d'une maladie | | soudure. Predominance | | fille, qu'elle met aux | | enfants; meurt en 1864, | ######################### | enfants; meurt fou, en | | Combinaison ou se | +---------------------------+ | 1852, Quenu, sain et | |qui l'emmene a Paris et l'y| |remarie, en 1871, avec |
| d'Orcheres, dont il n'a | | de coeur, le 7 novembre | | morale du pere et | |Enfants Assistes. [Election| | dans une crise nerveuse |###### ######| 1864, dans un incendie | | confondent les caracteres | | Silvere Mouret: | | pondere, dont elle a une | |abandonne; epouse, en 1852,| |Melanie Vial, paysanne |
| pas d'enfants [Melange | |1873 [Inneite. Combinaison | |ressemblance physique de la| | du pere. Ressemblance | |[Heredite en retour sautant|#### ####| allume par lui. [Election | | physiques et moraux des | | | | fille dans l'annee; meurt | | un ouvrier, Coupeau, de | |forte et saine, dont il a |
| fusion. Predominance | | ou se confondent les | |mere. Ambition de la mere, | | physique de la mere]. | |une generation. Hysterique.|## ##| du pere. Ressemblance | | parents, sans que rien | |ne en 1834; meurt, en 1851,| |six mois avant son mari, en| | famille alcoolique, dont | |un garcon, et qui est |
| morale, ambition de la | | caracteres physiques et | | gatee par les appetits du | | Courtiere entremetteuse, | | Ressemblance morale et |# #| physique de la mere. | | d'eux semble se retrouver | |la tete cassee d'un coup de| | 1863, d'une decomposition | |elle a une fille; meurt de | |grosse de nouveau. |
| mere, ressemblance | | moraux des parents, sans | | pere]. Employe puis grand | |tous les metiers, puis tres| |physique d'Adelaide Fouque.| | Francois et Marthe, les | | dans le nouvel etre]. Vit | | pistolet, par un gendarme | | du sang [Election de la | |misere et d'ivrognerie, en | |[Inneite. Combinaison ou se|
| physiqu du pere]. Homme | | que rien d'eux semble se | | brasseur d'affaires. Vit | | austere. Vit encore a | | Marthe et Francois, les | | deux epoux, se | | encore, a Marseille, | | [Election de la mere. | |mere. Ressemblance physique| | 1869 [Election du pere. | |confondent les caracteres |
| politique, ministre. Vit | | retrouver dans le nouvel | | encore a Paris, directeur | | Paris, tresoriere de | | deux epoux, se | | ressemblent]. Marchand de | | retiree avec son second | |Inneite de la ressemblance | | de la mere]. Charcutiere, | | Concue dans l'ivresse. | |physiques et moraux des |
| encore a Paris, depute. | | etre]. Medecin. | | d'un journal. | | l'Oeuvre du Sacrement. | | ressemblent]. | |vin en gros; puis rentier. | | mari. | | physique]. | |grand boutique aux Halles. | | Boiteuse]. Blanchisseuse. | |parents, sans que rien |
+---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ +---------------------------+ |d'eux semble se retrouver |
####### ###### ###### ###### ########## ###### ###### ###### ###### ###### |dans le nouvel etre]. |
######## ###### ###### ###### ######### ###### ###### ###### ###### ###### |Paysan, soldat, puis |
######## ######## ###### ###### ######## ###### ###### ###### ###### ###### |paysan. Vit encore, a |
####### ####+---------------------------+# ####### ###### ###### ###### ###### +---------------------------+ |Valqueyras. |
####### | Pierre Rougon: | ###### ###### ###### ###### ###### | Antoine Macquart: | #+---------------------------+
####### | | ###### ###### ###### ###### #######| | ########
######## | ne en 1787; se marie, en | ####### ###### ###### ###### ###| ne en 1789; soldait en | #######
######## | 1810, a Felicite Puech, | ###### +---------------------------+ #| 1809; se marie, en 1829, | ######
######### |intelligente, active, bien |###### | Ursule Macquart: | | avec Josephine Gavaudan, | ######
######### | portante; en a cinq | | | | marchande a la Halle, |#####
########|enfants; meurt en 1870, au | | nee en 1791; epouse, en | | vigoureuse, travailleuse, |##
#####| lendemain de Sedan, d'une | |1810, un ouvrier chapelier,| | mais intemperante; en a |#
##| congestion cerebrale, | | Mouret, bien portant et | | trois enfants; la perd en |
| determinee par une | | pondere; en a trois | | 1851; meurt en 1873, |
| indigestion [Melange | | enfants; meurt phthisique | | alcoolique, de combustion |
| equilibre. Moyenne morale | | en 1840 [Melange soudure. | |spontanee [Melange fusion. |
|et ressemblance physique du| | Predominance morale et | | Predominance morale et |
| pere et de la mere]. | |ressemblance physique de la| | ressemblance physique du |
| Marchand d'huile puis | | mere]. | | pere]. Soldat, puis |
| receveur particulier. | +---------------------------+ | vannier, puis rentier et |
+---------------------------+ ############# | faineant. |
######### ############# #####
############## ############# ######
############## ############# ######
################### +---------------------------+ #######
######################## | Adelaide Fouque, dite | ########
#################### | "Tante Dide": | #############
######################### | | ###################
############################ | Nee en 1768; mariee, en | ##########################
############################ | 1786, a Rougon, lourd et | ########################
############################### |placide, jardinier; en a un| ########################
####################### |fils en 1787; perd son mari| ######################
####################|en 1788, prend, en 1789, un|###################
###########| amant, Macquart, |###########
######| desequilibre et ivrogne, |######
##|contrebandier; en a un fils|##
| en 1789, et une fille en |
| 1791; devient folle et |
| entre a l'Asile d'alienes |
| des Tulettes, en 1831; y |
| meurt d'une congestion |
|cerebrale en 1873, a l'age |
| de 105 ans [Nevrose |
| originelle]. |
+---------------------------+
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