Observations Geologiques sur les Iles Volcaniques
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Pour chercher a etablir la cause qui a determine la lamellation de
ces roches feldspathiques ignees, rappelons les faits decrits d'une
maniere si detaillee a l'Ascension. Nous voyons qu'un certain nombre
des couches les plus minces sont constituees, en tres grande partie,
par de nombreux cristaux excessivement petits, quoique parfaits, de
divers mineraux; que d'autres couches sont formees par la reunion de
globules concretionnes de differentes especes, et que souvent on
ne saurait distinguer les couches ainsi constituees des couches
feldspathiques ordinaires et des couches de retinite, dont la masse
totale est constituee en grande partie. A en juger par plusieurs cas
semblables, la structure fibro-radiee des spherulites parait allier
la tendance a la concretion avec la tendance a la cristallisation; en
outre, les cristaux isoles de feldspath sont tous disposes dans les
memes plans paralleles[48]. Ces forces en se combinant ont joue, par
consequent, un role important dans la lamellation de la masse, mais
elles ne sauraient etre considerees comme la force primordiale; car
les nodules des differentes especes, les petits aussi bien que les
plus grands, sont stries interieurement par des zones nuancees
excessivement fines, paralleles a la lamellation de la masse totale;
et un grand nombre d'entre eux portent aussi a la surface des sillons
et des cretes paralleles diriges dans cette meme direction, et qui
n'ont pas ete produits par decomposition.
On peut voir distinctement que quelques-unes des stries colorees les
plus fines des couches lithoides alternant avec l'obsidienne sont dues
a un commencement de cristallisation des mineraux constitutifs. On
peut aussi constater avec certitude que le degre de cristallisation
atteint par les mineraux est en rapport avec la dimension plus ou
moins grande, et avec le nombre des fissures ou des petites
vacuoles aplaties et echancrees. Des faits nombreux prouvent que
la cristallisation est considerablement facilitee quand elle peut
s'operer dans un espace libre, comme le montrent les geodes, et les
cavites du bois silicifie, des roches primaires et des filons. J'en
conclus que si, pendant le refroidissement d'une masse rocheuse
volcanique, une cause quelconque vient a provoquer la formation d'un
certain nombre de petites fissures, ou de zones de moindre tension
(qui pourront souvent se transformer par dilatation en vacuoles
a contours irreguliers sous l'action des vapeurs comprimees), la
cristallisation des parties constitutives et probablement la formation
de concretions s'operera dans ces zones ou y sera notablement
facilitee. Il se produira ainsi une structure lamellaire du genre de
celle que nous etudions en ce moment.
Pour expliquer la formation des zones paralleles de moindre tension
dans les roches volcaniques durant leur consolidation, nous devons
admettre l'intervention d'une cause encore indeterminee; tel est le
cas pour les couches minces alternantes d'obsidienne et de ponces
decrites par de Humboldt, et pour les petites vacuoles aplaties et
irregulieres qu'on observe dans les roches lamellaires de l'Ascension;
car nous ne pouvons concevoir autrement pour quelle raison les vapeurs
contenues dans la masse formeraient par leur expansion des vacuoles
ou des fibres disposees en plans separes paralleles, au lieu de se
repandre irregulierement dans la roche tout entiere. J'ai vu dans la
collection de M. Stokes un bel exemple de cette structure dans un
specimen d'obsidienne du Mexique, nuance et zone comme la plus belle
agate, de nombreuses couches droites et paralleles, plus ou moins
blanches et opaques ou presque parfaitement vitreuses; le degre
d'opacite et de vitrification dependant de l'abondance plus ou moins
grande de vacuoles aplaties microscopiques. Dans cet exemple il semble
certain que la masse a laquelle appartenait le fragment a ete soumise
a quelque action, vraisemblablement prolongee, qui a determine une
legere difference de tension entre les plans successifs.
Plusieurs causes paraissent pouvoir provoquer la formation de zones
d'inegale tension dans des masses a demi liquefiees par la chaleur.
J'ai observe dans un fragment de verre devitrifie des couches de
spherulites qui, d'apres la maniere dont elles etaient brusquement
recourbees, semblaient formees par une simple contraction de la masse
dans le vase ou elle s'etait refroidie. Pour certains dikes de l'Etna
decrits par M. Elie de Beaumont[49], et qui sont bordes par des bandes
alternantes de roches scoriacee et compacte, on est conduit a supposer
que l'etirement des couches environnantes qui a provoque la formation
des fissures s'est continue pendant que la roche injectee demeurait
fluide. Cependant, si on se laisse guider par la description si lucide
donnee par le professeur Forbes[50] de la structure zonaire de la
glace des glaciers, on arrive a admettre que l'interpretation la plus
vraisemblable de la structure lamellaire de ces roches feldspathiques
doit etre cherchee dans l'etirement qu'elles ont subi lorsqu'elles
s'ecoulaient lentement suivant la pente alors qu'elles etaient encore
a l'etat pateux[51], exactement comme la glace des glaciers en
mouvement s'etend et se fissure. Dans les deux cas on peut comparer
les zones a celles des plus fines agates; elles s'etendent toujours
dans la direction suivant laquelle la masse a coule, et celles qui
sont visibles a la surface sont generalement verticales. Dans la
glace les lames poreuses sont rendues distinctes par la congelation
subsequente d'eau infiltree, et dans les laves feldspathiques
lithoides par l'intervention posterieure des actions cristalline et
concretionnaire. Le fragment d'obsidienne vitreuse de la collection de
M. Stokes et qui est zone de petites vacuoles, doit ressembler d'une
maniere frappante a un fragment de glace zonaire si on en juge d'apres
la description du professeur Forbes. Si le mode de refroidissement
et la nature de la masse avaient favorise sa cristallisation, ou le
concretionnement, nous aurions pu constater dans l'echantillon dont il
s'agit, de belles zones paralleles differenciees par leur texture et
leur composition. Dans les glaciers les zones de glace poreuse et
de petites fissures paraissent dues a un commencement d'etirement
provoque par le fait que les parties centrales du glacier progressent
plus rapidement que les parties laterales et que le fond, dont la
marche est retardee par le frottement. C'est pour cette raison que
les zones deviennent horizontales dans certains glaciers d'une forme
determinee, et a l'extremite inferieure de presque tous les glaciers.
On pourrait se demander si les laves feldspathiques a lamelles
horizontales ne nous offrent pas un cas analogue. Tous les geologues
qui ont etudie des regions trachytiques sont arrives a conclure que
les laves de cette serie n'ont ete qu'imparfaitement fluides. Il est
evident, en outre, que les matieres qui ont eu une faible fluidite
sont les seules qui puissent se fissurer et ou les differences
de tension puissent provoquer la disposition zonaire, comme nous
l'admettons ici. C'est peut-etre pour cette raison que les laves
augitiques, qui semblent generalement avoir joui d'un haut degre de
fluidite, ne sont pas[52] divisees en lames de composition et de
texture differentes, comme les laves feldspathiques. En outre, dans la
serie augitique, il ne parait jamais exister de tendance a l'action
concretionnaire qui joue, comme nous l'avons vu, un role important
dans la structure lamellaire des roches de la serie trachytique, ou
qui, tout au moins, contribue a rendre cette structure apparente.
Quelle que soit l'opinion qu'on puisse avoir sur l'interpretation
que je viens de donner ici de la structure lamellaire des roches
trachytiques, je me permets d'attirer l'attention des geologues sur
ce seul fait, qu'a l'ile de l'Ascension, dans une masse rocheuse
d'origine incontestablement volcanique, il s'est produit des couches
souvent tres minces, absolument droites et paralleles entre elles. Une
partie de ces couches sont composees de cristaux isoles de quartz
et de diopside, auxquels s'ajoutent des taches amorphes de nature
augitique et des grains de feldspath. D'autres couches sont
entierement constituees par ces taches augitiques noires avec des
granules d'oxyde de fer. Enfin, un certain nombre de couches sont
formees de feldspath cristallin plus ou moins pur, associe a de
nombreux cristaux de feldspath orientes dans le sens de leur longueur.
Il y a des raisons de croire que, dans cette ile, les lamelles ont ete
formees originairement dans la position fortement inclinee qu'elles
occupent aujourd'hui, et ce fait est parfaitement etabli pour d'autres
roches analogues. Les faits de ce genre sont incontestablement
importants quant a l'origine de la structure de cette grande serie de
roches plutoniques qui, de meme que les roches volcaniques, ont ete
soumises a l'action de la chaleur, et qui sont formees de couches
alternantes de quartz, de feldspath, de mica et d'autres mineraux.
Notes:
[1] _Geographical Journal_, vol. V, p. 243.
[2] M. Lesson a observe ce fait (Voir la _Zoologie du voyage de la
"Coquille"_, p. 490). M. Hennah (_Geolog. Proceedings_, 1835, p. 189)
fait observer en outre qu'a l'Ascension les lits de cendre les plus
etendus se trouvent invariablement du cote sous le vent.
[3] Nichol, _Architecture of Heavens_.
[4] _Voyage aux Quatre Isles d'Afrique_, t. I, p. 222.
[5] _Voyage en Hongrie_, t. II, p. 214.
[6] Une variete de cette peperine ou tuf est assez dure pour ne
pouvoir etre brisee meme sous la pression la plus forte des doigts.
[7] A la partie nord de Green Mountain, on observe une couche mince
d'oxyde de fer compacte, epaisse d'un pouce environ, qui s'etend sur
une surface considerable; elle est en stratification concordante
avec la partie inferieure de la masse stratifiee de cendres et de
fragments. Cette substance est d'un brun rougeatre, a eclat presque
metallique; elle n'est pas magnetique, mais le devient lorsqu'elle a
ete chauffee au chalumeau, elle noircit alors et fond en partie. Cette
roche compacte retient la petite quantite d'eau de pluie qui tombe
dans l'ile, et donne naissance ainsi a une petite source coulant
goutte a goutte, que Dampier a decouverte le premier. C'est la seule
eau douce que l'on trouve dans l'ile, de sorte qu'elle n'est habitable
que grace a l'existence de cette couche ferrugineuse.
[8] Le professeur Miller a bien voulu examiner ce mineral. Il a
observe deux bons clivages de 86 deg.30' et 86 deg.50'. La moyenne de
plusieurs clivages que j'ai mesures etait 86 deg.30'. Le professeur Miller
constate que ces cristaux, reduits en poudre fine, sont solubles dans
l'acide chlorhydrique avec residu de silice; l'addition d'oxalate
d'ammonium donne un abondant precipite de chaux. Il fait remarquer, en
outre, que, d'apres von Kobell, l'anorthite (mineral qu'on rencontre
dans les fragments projetes au Monte Somma) est toujours blanche
et transparente, de sorte que, s'il en est ainsi, ces cristaux de
l'Ascension doivent etre consideres comme du feldspath Labrador.
Le professeur Miller ajoute qu'il a vu dans _Erdmann's Journal fuer
technische Chemie_ la description d'un mineral rejete par un volcan,
qui offrait les caracteres exterieurs du Labrador, mais dont la
composition differait de celle donnee pour cette espece par les
mineralogistes. L'auteur attribuait cette difference a une erreur dans
l'analyse du Labrador qui est fort ancienne.
[9] Daubeny remarque, dans son ouvrage sur les _Volcans_ (p. 386),
qu'il en est ainsi; et de Humboldt dit (_Personal Narrative_, vol. I,
p. 236) qu' "en general les masses de roches primitives connues, je
veux parler de celles qui ressemblent parfaitement a nos granites,
gneiss et micaschistes, sont fort rares dans les laves; les substances
que nous designons generalement sous le nom de granite et qui ont ete
projetees par le Vesuve, sont des melanges de nepheline, de mica et de
pyroxene".
[10] Cette aire est limitee approximativement par une ligne embrassant
Green Mountain et se prolongeant jusqu'aux collines designees sous
les noms de Weather Port Signal, Holyhead et _the Crater of an old
volcano_ (cette derniere appellation est inexacte dans le sens
geologique du mot).
[11] Le porphyre est de couleur foncee; il contient de nombreux
cristaux de feldspath blanc opaque, souvent brises, et des cristaux
d'oxyde de fer en decomposition; ses vacuoles renferment de petites
masses cristallines capillaires qu'on pourrait rapporter a l'analcime.
[12] Le Dr Daubeny (On Volcanoes, p. 180) parait avoir ete amene
a croire que certaines formations trachytiques d'Ischia et du
Puy-de-Dome, qui ressemblent de tres pres a celles de l'Ascension,
etaient d'origine sedimentaire; il basait principalement cette opinion
sur la presence frequente dans ces roches "de fragments scoriaces dont
la teinte differe de celle de la masse englobante". Le Dr Daubeny
ajoute que, d'un autre cote, Brocchi et d'autres geologues eminents
ont considere ces lits comme des varietes terreuses de trachyte;
d'apres lui le sujet merite de faire l'objet de nouvelles etudes.
[13] D'Aubuisson, _Traite de Geognosie_, t. II, p. 548.
[14] Beudant (_Voyage en Hongrie_, t. III, p. 502, 504) decrit des
masses reniformes de jaspe opale, qui passent insensiblement au
conglomerat trachytique environnant ou y sont empatees comme des silex
dans la craie, et il les compare aux fragments de bois opalise qui
abondent dans la meme formation. Pourtant Beudant semble avoir
considere le processus de leur formation plutot comme une simple
infiltration que comme un echange moleculaire, mais la presence d'une
concretion differant absolument de la matiere englobante me semble
exiger un deplacement, soit chimique, soit mecanique, des atomes qui
occupaient l'espace ulterieurement rempli par cette concretion, si
elle ne s'est pas formee dans une cavite preexistante. Le jaspe opale
de Hongrie passe a la calcedoine, c'est pourquoi, dans ce cas comme
dans celui de l'Ascension, l'origine du jaspe parait etre en rapport
intime avec celle de la calcedoine.
[15] Beudant (_Voyage mineralogique_, t. III, p. 507) en cite des
exemples en Hongrie, en Allemagne, au Plateau Central de France, en
Italie, en Grece et au Mexique.
[16] Les oeufs de tortues enfouis par ces animaux peuvent quelquefois
etre emprisonnes dans cette roche massive. M. Lyell a donne une figure
(_Principles of Geology_, livre III, ch. xvii) representant des oeufs
ainsi empates dans la roche et renfermant le squelette de jeunes
tortues.
[17] _Researches in Theoretical Geology_, p. 12.
[18] Ainsi que je l'ai fait remarquer, le sulfate de chaux constitue
une matiere etrangere et doit avoir ete extrait de l'eau de mer. C'est
donc un fait interessant de voir les vagues de l'Ocean assez chargees
de sulfate de chaux pour le deposer sur les rochers contre lesquels
elles se brisent a chaque maree. Le Dr Webster a decrit (_Voyage of
the Chanticleer_, vol. II, p. 319) des lits de gypse et de sel marin
atteignant deux pieds d'epaisseur, formes par l'evaporation des
embruns sur les rochers de la cote exposes a l'action du vent
dominant. De belles stalactites de gypse, ressemblant a des
stalactites calcaires, se sont formees pres de ces lits. On trouve
aussi des masses amorphes de gypse dans des cavernes de l'interieur
de l'ile, et j'ai vu a Cross Hill (un ancien cratere) une quantite
considerable de sel suintant d'une pile de scories. Dans ces derniers
cas le sel et le gypse semblent etre des produits volcaniques.
[19] D'apres le fait decrit dans mon _Journal of Researches_ (p. 12),
d'une couche d'oxyde de fer deposee par un ruisseau sur les roches
de son lit (comme un revetement a peu pres semblable qui existe aux
grandes cataractes de l'Orenoque et du Nil) et qui prend un beau poli
aux endroits ou le remous se fait sentir, je suppose que le polissage
est produit ici egalement par la meme cause.
[20] J'ai decrit, dans le chapitre consacre aux rochers de Saint-Paul,
une substance luisante et perlee qui recouvre ces rochers, et une
incrustation stalactitique, de l'ile de l'Ascension, d'une nature
analogue, dont la croute ressemble a l'email des dents, mais est assez
dure pour rayer le verre. Ces deux substances renferment une matiere
organique qui parait provenir de l'eau filtrant au travers d'amas de
fiente d'oiseaux.
[21] M. Horner et sir David Brewster ont decrit (_Philosophical
Transactions_, 1836, p. 65) une singuliere "substance artificielle
ressemblant a celle qui constitue les coquilles". Cette substance se
depose en lames fines de couleur brune, transparentes, presentant une
surface tres lisse et des proprietes optiques speciales, a l'interieur
d'un vase contenant de l'eau, ou l'on fait tourner rapidement un linge
enduit d'une couche de colle et ensuite d'une couche de chaux. Cette
substance est beaucoup plus tendre, plus transparente, et contient
plus de matiere organique que l'incrustation naturelle de l'Ascension;
pourtant nous constatons encore une fois ici la forte tendance que
manifestent le carbonate de chaux et la matiere organique a former une
substance solide voisine de celle de la coquille des mollusques.
[22] Ce terme peut preter a un malentendu parce qu'on peut l'appliquer
soit a des roches divisees en feuillets de composition identique, soit
a des couches fortement adherentes les unes aux autres sans tendance
a la fissilite, mais constituees par des mineraux differents, ou
presentant des zones de couleurs differentes. Au cours du present
chapitre le terme lamellaire est pris dans ce dernier sens, et j'ai
employe le mot fissile lorsqu'une roche homogene se divise suivant une
direction determinee comme c'est le cas pour les ardoises.
[23] Le professeur Miller m'informe que les cristaux qu'il a mesures
presentaient les faces P, _z_, _m_ de la figure 147 donnee par
Haidinger dans sa traduction de Mohs; et il ajoute qu'il est
remarquable qu'aucun de ces cristaux ne presente la moindre trace des
faces _r_ du prisme hexagonal regulier.
[24] _Geological Transactions_, vol. III, part. 1, p. 37.
[25] Ces analyses ont ete prises dans le _Traite de Mineralogie_ de
Beudant, t. II, p. 113; et une analyse d'obsidienne dans _Phillips's
Mineralogy_.
[26] Ces analyses sont prises dans von Kobell, _Grundzuege der
Mineralogie_, 1838.
[27] _Traite de geognosie_, t. II, p. 535.
[28] On constate ces faits dans la fabrication du verre ordinaire,
et dans les experiences de Gregory Watt sur le trapp fondu; on les
observe aussi sur la surface naturelle des coulees de lave et sur les
flancs lateraux des dikes.
[29] J'ignore s'il est generalement connu qu'on rencontre parfois dans
les agates des corps presentant exactement le meme aspect que les
spherulites. M. Robert Brown m'a montre une agate formee dans une
cavite d'un morceau de bois silicifie, portant de petites taches a
peine visibles a l'oeil nu; vues a l'aide d'une forte loupe, ces
taches offraient un tres bel aspect; elles etaient exactement
circulaires et consistaient en fibres extremement fines, de couleur
brune, rayonnant fort regulierement autour d'un centre commun. Ces
petites etoiles rayonnantes sont quelquefois coupees et partiellement
entamees par les fines zones rubanees de l'agate. Dans l'obsidienne de
l'Ascension, les deux moities d'une spherulite sont souvent engagees
dans des zones de couleur differente, mais elles ne sont pas entamees
par ces dernieres comme dans l'agate.
[30] _Journal de physique_, t. LIX (1804), pp. 10, 12.
[31] _Id_., t. LX (1805), p. 418.
[32] _Voyage en Hongrie_, t. I, p. 330; t. II, pp. 221 et 315; t. III,
pp. 369, 371, 377, 381.
[33] _Essais geognostiques_, pp. 176, 326, 328.
[34] P. Scrope, _Geological Transactions_, vol. II (second series),
p. 195. Consulter aussi: Dolomieu, _Voyage aux Isles Lipari_, et
D'Aubuisson, _Traite de geognosie_, t. II, p. 534.
[35] J'ai observe que dans les obsidiennes du Mexique formant la belle
collection de M. Stokes, les spherulites sont ordinairement beaucoup
plus grandes que celles de l'Ascension; elles sont generalement
blanches, opaques, et sont accolees en couches distinctes. Plusieurs
varietes remarquables different de toutes celles de l'Ascension.
Les obsidiennes presentent des zones minces, absolument droites ou
ondulees, qui ne se distinguent de la masse que par des differences
extremement faibles de nuance, de porosite ou d'etat vitreux plus
ou moins parfait. En suivant un certain nombre des zones les moins
nettement vitreuses, on constate qu'elles se montrent bientot
parsemees de spherulites blanches tres petites qui deviennent de plus
en plus nombreuses et finissent par se reunir en une couche distincte.
A l'Ascension, au contraire, les spherulites brunes seules se
reunissent et forment des couches; les blanches sont toujours
disseminees irregulierement. Certains echantillons appartenant aux
collections de la Societe geologique, et rapportes a une formation
d'obsidienne du Mexique, ont une cassure terreuse et sont divises en
lamelles extremement fines par des taches d'un mineral noir semblables
aux taches d'augite et de hornblende des roches de l'Ascension.
[36] _Voyage de Beudant_, t. III, p. 373.
[37] Pour Tenerife, voir von Buch, _Descript. des isles Canaries_, p.
184 et 190; pour les iles Lipari, voir le _Voyage_ de Dolomieu, p. 34;
pour l'Islande, voir _Mackenzie's Travels_, p. 369.
[38] _Memoire pour servir a une description geologique de la France_,
t. IV, p. 371.
[39] Mac Culloch constate (_Classification of Rocks_, p. 531) que, sur
les dikes de retinite a l'ile d'Arran, les surfaces exposees a l'air
sont sillonnees "de lignes ondulees, ressemblant a certains genres
de papier marbre et qui resultent evidemment d'une difference
correspondante dans la structure lamellaire".
[40] _Personal Narrative_, vol. I, p. 222.
[41] _Geological Transactions_, vol. II (seconde serie), p. 195.
[42] _Description des iles Canaries_, p. 184.
[43] _Voyage aux iles de Lipari_, pp. 35 et 85.
[44] Dans ce cas, comme dans celui de la pierre ponce fissile, la
structure s'ecarte beaucoup de celle des roches precedentes, dont
les lamelles consistent en couches alternantes qui different de
composition ou de texture. Cependant il y a des raisons de croire avec
d'Aubuisson que dans certaines formations sedimentaires qui semblent
homogenes et fissiles, par exemple, dans une ardoise a eclat micace,
les lamelles sont dues reellement a des couches alternantes de mica
excessivement minces.
[45] Voir _Phillips' Mineralogy_, p. 136, pour les iles italiennes.
Pour le Mexique et le Perou, voir _l'Essai geognostique_, de de
Humboldt. M. Edwards decrit aussi la forte inclinaison des obsidiennes
de Cerro del Navaja, au Mexique, dans les _Proc. of the geolog. Soc._
de juin 1838.
[46] _Geological Transactions_, vol. II (seconde serie), p. 200,
etc. Dans certains cas, ces fragments empates consistent en trachyte
lamellaire detache de la masse "et enveloppe dans les parties qui
restaient encore liquides". Beudant aussi, dans son grand ouvrage
sur la Hongrie, cite plusieurs fois des roches trachytiques
irregulierement tachetees de fragments appartenant aux varietes qui
forment ailleurs les rubans paralleles. Dans ces divers cas, nous
devons supposer qu'apres qu'une partie de la masse fondue eut pris
la structure lamellaire, une nouvelle eruption de lave vint la
bouleverser et en envelopper les fragments, et que plus tard tout
l'ensemble prit une nouvelle disposition lamellaire.
[47] Dolomieu, _Voyage_, p. 64.
[48] En effet, la formation d'un grand cristal d'un mineral quelconque
dans une roche de composition complexe suppose la reunion des atomes
necessaires, en meme temps qu'une action de concretion. La cause pour
laquelle tous les cristaux de feldspath sont orientes suivant le sens
de leur longueur dans ces roches de l'Ascension est probablement la
meme que celle de l'allongement et de l'aplatissement dans cette meme
direction de tous les globules spherulitiques bruns (qui offrent au
chalumeau les caracteres du feldspath).
[49] _Mem. pour servir_, etc., t. IV, p. 131.
[50] _Edinburgh New Phil. Journal_, 1842, p. 350.
[51] Je suppose que c'est a peu pres la meme explication que M. Scrope
entendait donner en parlant (_Geolog. Transact._, vol. II, seconde
serie, p. 228) de la structure rubanee de ces roches trachytiques, qui
provient d'une "extension lineaire de la masse imparfaitement liquide,
accompagnee d'une action de concretion".
[52] Il n'est pas rare que des laves basaltiques, ainsi que plusieurs
autres roches, soient divisees en lames ou plaques epaisses, de meme
composition, et qui sont tantot droites et tantot courbees; ces lames,
coupees par des lignes de fissure verticales, s'unissent quelquefois
pour constituer des colonnes. Cette structure parait se rapprocher,
quant a son origine, de celle que presentent un grand nombre de roches
ignees et sedimentaires traversees par des systemes de fissures
paralleles.
CHAPITRE IV
SAINTE-HELENE
Laves des series feldspathique, basaltique et sous-marine.--Coupe
de Flagstaff Hill et du Barn.--Dikes.--Baies Turk's Cap et
Prosperous.--Enceinte basaltique.--Crete centrale crateriforme avec
rebord interieur et parapet.--Cones de phonolite.--Bancs superficiels
de gres calcareux.--Coquilles terrestres eteintes.--Lits de
detritus.--Soulevement de la region.--Denudation.--Crateres de
soulevement.
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