Observations Geologiques sur les Iles Volcaniques
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Note:
[1] _Geology of Yorkshire_, part. 2, p. IX, fig. 7.
DESCRIPTION DE SIX ESPECES DE CORAUX
PROVENANT D'UN DEPOT PALEOZOIQUE DE LA TERRE VAN DIEMEN
Par W. LONSDALE, Esq. F. G. S.
1.--Stenopora Tasmaniensis, Sp. n.[1]
Note:
[1] Quoique les caracteres de ce genre soient inedits, il a paru
convenable de ne pas les donner avec tous leurs details dans cette
notice, parce qu'un fort petit nombre d'especes seulement ont ete
etudiees. Le corail est essentiellement compose de simples tubes
agreges de diverses manieres et rayonnant vers l'exterieur. La bouche
est ronde ou oblongue, et entouree de bourrelets en relief, portant le
long de la crete une rangee de tubercules. La bouche d'abord ovale est
relrecie (Greek: stenos) graduellement par une bande qui s'eleve sur
la paroi interne du tube et finit par la fermer.
_Ramifie, branches cylindriques, inclinees ou contournees de diverses
manieres; tubes plus ou moins divergents, bouches ovales, cretes
de subdivision portant de forts tubercules; 1 a 2 marques du
retrecissement progressif dans chaque tube_.
Ce corail ressemble par son mode general de croissance a _Calamopora_
(_Stenopora?_) _tumida_ (Phillips, _Geology of Yorkshire_, part. 2,
pl. 1, fig. 62), mais la forme de la bouche et d'autres details de
structure presentent de tres grandes differences avec cette derniere
espece. _Stenopora Tasmaniensis_ atteint des dimensions considerables,
car un des specimens mesure 4 pouces et demi de long et un demi-pouce
de diametre. Les branches considerees individuellement offrent une
circonference tres uniforme, mais elles different l'une de l'autre
dans un meme specimen, et il n'y a pas de mode defini de subdivision,
ni de direction d'accroissement determinee. Les extremites sont
quelquefois creuses, et un specimen, long de 1 pouce et demi a peu
pres et large d'un demi-pouce, est ecrase de maniere a devenir
completement plat. Dans les specimens ou ils sont le mieux visibles,
les tubes offrent une longueur considerable, ils naissent presque
toujours isolement sur l'axe de la branche et divergent sous un
angle tres faible, jusqu'a ce qu'ils parviennent tout pres de la
circonference, ils se recourbent alors vers l'exterieur. Dans
l'interieur de la branche les tubes ont une section polygonale due a
des pressions laterales, mais en approchant de la surface externe elle
devient ovale parce que les tubes, en divergeant de plus en plus,
laissent entre eux des espaces libres. Leur diametre est toujours
tres uniforme, a l'exception des retrecissements qui existent pres
de l'extremite des tubes parvenus a leur developpement complet. Dans
l'interieur des branches les parois etaient vraisemblablement fort
minces, mais a la peripherie la matiere presente une epaisseur
relativement considerable. On n'a pas trouve de traces de diaphragmes
transversaux dans l'interieur des tubes.
On rencontre rarement des exemples bien demonstratifs des
modifications successives que subit l'extremite ovale des tubes
jusqu'au complet developpement et a l'obliteration finale, mais on a
observe les cas suivants: Quand la bouche devient libre et prend la
forme ovale, les parois sont minces et tranchantes, et sont disposees
perpendiculairement dans l'interieur du tube. Elles se touchent
parfois, mais d'autres fois elles sont separees par des sillons
de dimensions variables, ou l'on peut decouvrir de tres petites
ouvertures ou pores. Lorsque la bouche approche de son complet
developpement, les sillons sont plus ou moins completement combles, et
les parois s'epaississent, car on peut voir le long de la crete une
rangee de tres petits tubercules. A cette epoque la face interne du
tube cesse d'etre verticale, elle est tapissee interieurement d'une
bande oblique tres etroite. Les bouches arrivees a leur developpement
complet sont separees par une crete tres prononcee, generalement
simple, mais assez souvent subdivisee par un sillon; la crete, double
ou simple, est surmontee d'une rangee de tubercules saillants qui sont
presque en contact les uns avec les autres. On n'a observe qu'un seul
exemple d'occlusion des bouches, mais il offre une preuve suffisante
de l'expansion graduelle de la bande interne, avec soudure finale au
centre, dont j'ai parle plus haut. A cette phase extreme on constate
une obliteration generale des details, mais la plupart des tubercules
restent distincts.
Chez cette espece on n'observe pas, a l'interieur des longues branches
cylindriques rectilignes, de marques bien nettes d'un retrecissement
de la bouche, anterieur a la formation du tube parfait et a la
contraction finale, mais pres du point ou les tubes se recourbent vers
l'exterieur il existe une indentation annulaire qu'on peut suivre
successivement d'un moule a l'autre suivant une ligne parallele a la
surface; et entre l'etranglement saillant et la surface parfaite les
parois des tubes etaient legerement rugueuses. Dans une autre branche
courte que l'on croyait appartenir a cette espece, mais dont les tubes
divergeaient tres rapidement vers l'exterieur, le retrecissement est
fortement marque, quoiqu'a des degres variables, dans les divers tubes
de ce specimen.
La roche dans laquelle le fossile est engage est un schiste
argilo-calcarifere grossier ou un calcaire gris; on y rencontre aussi
_Fenestella internata_, etc.
2.--Stenopora ovata, Sp. n.
_Ramifiee, branches ovales; tubes relativement courts, tres divergents,
bouches rondes; nombreux retrecissements ou irregularites de developpement_.
Les caracteres de cette espece ont ete determines fort imparfaitement.
Les branches ne sont pas uniformement ovales, meme dans un fragment
unique. Les tubes divergeaient tres rapidement le long de la ligne du
grand axe, leur croissance dans le sens vertical etait fort limitee.
Leurs moules montrent une succession rapide d'irregularites de
developpement. Les bouches, pour autant qu'on puisse determiner leur
forme, etaient rondes ou legerement ovales, et les cretes de division,
garnies de tubercules, etaient aigues; mais, comme la surface externe
n'est pas visible, on n'a pu determiner leurs caracteres exacts et les
modifications subies pendant la croissance.
Le corail est empate dans un calcaire gris-sombre.
1.--Fenestella ampla, Sp. n.
_Cupuliforme; surface cellulifere interne; branches dichotomes,
larges, aplaties, minces; mailles ovales; rangees de cellules
nombreuses, rarement limitees a deux, alternantes; connexions
transversales quelquefois celluleuses; couche interne de la surface
non celluleuse tres fibreuse; couche externe tres grenue, non
fibreuse; vesicule gemmulifere? petite_.
Quelques-uns des moules de ce corail offrent une ressemblance generale
avec _Fenestella polypora_ telle qu'elle est representee dans Captain
Portlock's _Report on the Geology of Londonderry_, pl. XXII, A, fig.
1 _a_, 1 _d_; mais il n'y a pas de similitude de structure entre le
fossile de la Terre Van Diemen et l'espece en question telle que
la donnent la planche XXII, fig. 3, du meme ouvrage ou les figures
originales de M. Phillips, _Geology of Yorkshire_, part. 2, pl.
1, fig. 19, 20. Il existe aussi une ressemblance generale entre
_Fenestella ampla_ et un corail trouve par M. Murchison dans le
calcaire carbonifere de Kossalchi-Datchi sur le versant oriental de
la chaine de l'Oural, mais il y a, ici encore, une difference marquee
dans les details de structure.
_Fenestella ampla_ atteignait des dimensions considerables; des
fragments paraissant appartenir a un specimen unique couvraient une
surface de 4 pouces et demi sur 3 pouces; cette espece offrait des
contours tres massifs, les branches avaient souvent plus d'un dixieme
de pouce de largeur aux points ou elles se divisaient.
Une grande uniformite domine dans l'aspect general du corail, mais la
largeur des branches varie parce qu'elles s'elargissent fortement
au voisinage des points de bifurcation; cependant il n'y a pas de
difference marquee entre les caracteres de la base et ceux de la
partie superieure de la coupe, meme quant au nombre des rangees de
cellules.
Dans les specimens ou la surface cellulaire est le mieux conservee,
les ouvertures des cellules sont relativement grandes, rondes ou
ovales, et elles sont limitees par un bord legerement sureleve; une
crete filiforme et onduleuse serpente entre elles et divise les
espaces intermediaires en losanges. Le nombre des rangees de cellules
situees immediatement en avant des bifurcations s'eleve parfois
jusqu'a dix, et depasse ordinairement deux apres la separation. Les
ouvertures des cellules des rangees laterales font saillie dans
l'interieur des mailles, et les connexions transversales sont
quelquefois celluleuses. Les intervalles compris entre les ouvertures,
ainsi que les cretes ondulees, sont granuleuses ou portent de tres
petits tubercules. Dans l'interieur les cellules presentent la
disposition oblique habituelle, elles se recouvrent les unes les
autres et s'arretent brusquement a la partie dorsale de la branche.
Les empreintes parfaites de la surface cellulaire offrent
l'inverse des caracteres qui viennent d'etre decrits; mais le plus
habituellement les empreintes ne presentent guere d'autre trace de
structure que des rangees longitudinales d'ouvertures circulaires.
Sur la couche interne de la surface non celluleuse on peut decouvrir
quelquefois vingt fibres paralleles bien nettes, separees par des
sillons etroits ou par les moules qui leur correspondent; et leur
nombre est toujours considerable. L'etat de conservation de ces
fossiles ne permettait pas de decouvrir la veritable nature des
fibres, mais on deduit d'observations faites sur d'autres especes
qu'elles sont tubulaires. Leur taille est considerable, mais dans le
specimen qui montre leur structure de la maniere la plus complete
elles sont frequemment coupees par des ouvertures circulaires. Leur
surface arrivee a l'etat parfait est finement granuleuse. La couche
externe ou partie posterieure des branches est formee d'une croute
uniforme sans aucune trace de fibres, mais couverte de nombreuses
papilles microscopiques avec des pores correspondants qui penetrent
la substance de cette couche.
Les seules traces de vesicules gemmuliferes sont de petites cavites
accidentellement situees au-dessus de la bouche et dont la position
correspond a celle que les vesicules considerees comme gemmuliferes
occupent dans d'autres genres celluleux. Des moules de cavites
semblables sont repandus fort uniformement entre les empreintes des
bouches, sur le specimen russe dont on a parle plus haut.
On n'a pas observe le corail a son etat le plus jeune, et on n'a
constate aucun changement notable provenant de l'age de l'organisme, a
l'exception de l'epaississement graduel de la surface non celluleuse,
a la suite de son recouvrement par la couche fibreuse.
Les specimens sont empates dans un calcaire gris-sombre ecailleux ou
terreux.
2.--Fenestella internata, Sp. n.
_Cupuliforme; surface cellulifere interne; branches dichotomes,
comprimees, de largeur variable; mailles oblongues, etroites; 2 a 5
rangees de cellules separees par des cretes longitudinales; connexions
transversales courtes, sans cellules; surface non celluleuse; couche
interne fortement fibreuse, couche externe finement granuleuse_.
Cette espece se distingue facilement de _Fen. ampla_ par la
delicatesse de sa structure; il y a en outre des differences tres
nettes dans le nombre des rangees de cellules qui varie de deux a
cinq, et dans leur mode de developpement. Elle parait avoir atteint
des dimensions considerables, car on a observe des fragments longs de
1 pouce et demi et large de 1 pouce.
Les branches ont une largeur variable, elles s'elargissent
graduellement dans la direction des bifurcations, mais sans aucune
alteration de la forme ou de la dimension des mailles, et, pour autant
que l'etat des specimens permette d'en juger, il ne survenait aucun
changement notable pendant le developpement de la coupe, sauf celui
que nous allons exposer. A la surface cellulifere des branches il
se produit des modifications importantes mais uniformes entre les
bifurcations successives. Sur une faible longueur au-dessus du point
de separation la branche est etroite et anguleuse, elle porte une
crete longitudinale parallele a son axe, et il n'y a qu'une seule
rangee d'ouvertures sur chaque face. A mesure que la branche
se developpait, la crete s'elargissait et devenait finalement
cellulifere; une ligne d'ouvertures naissait a la place qu'elle
occupait (_internata_). Les trois rangees d'ouvertures cellulaires
etaient alors separees sur la branche par deux cretes, et le
developpement continuant, celles-ci s'elargissaient a leur tour et
devenaient celluleuses, les cinq rangees etant separees par quatre
cretes. Cette phase semble representer la derniere periode de
l'accroissement, car elle etait suivie immediatement d'une nouvelle
bifurcation. La partie la plus ancienne de la coupe ne porte
d'ordinaire que deux ou trois rangees de bouches; et, lorsqu'il
en existe un plus grand nombre, on peut observer une certaine
irregularite dans leur disposition lineaire resultant de l'expansion
laterale de la branche.
Dans les specimens les mieux conserves les bouches sont relativement
grandes, rondes ou ovales, et leurs bords sont faiblement releves.
Celles des rangees medianes sont paralleles ou presque paralleles,
et disposees dans la direction de l'axe de la branche; mais dans
les rangees laterales elles sont souvent placees obliquement et
s'inclinent vers les mailles. Sur ces specimens presque intacts les
cretes de subdivision sont filiformes et legerement ondulees, mais il
n'existe pas de traces des compartiments en losanges, qui se montrent
si distinctement chez _Fenestella ampla_. Les espaces intermediaires
entre les bouches sont planes ou legerement convexes. Dans des
specimens moins bien conserves ou prives de leur surface primitive,
les bouches n'offrent pas une figure uniforme et n'ont pas de bord
en saillie. Les cretes de subdivision sont aussi relativement plus
larges; et la surface entiere, y compris les connexions laterales, est
granuleuse ou finement tuberculee.
La couche interne de la surface non celluleuse est tres fibreuse, et
l'on peut decouvrir la meme structure, plus ou moins nettement accusee
dans les connexions laterales. Le nombre des fibres ne parait pas
depasser douze par branche, et elles sont en general moins nombreuses.
Leur longueur est considerable, car des fibres additionnelles
s'intercalent lorsque la branche s'elargit; et leur surface est garnie
de tres petits tubercules. On n'a pas observe d'ouvertures circulaires
isolees. La couche exterieure est uniformement granuleuse quand elle
est completement developpee, mais on peut suivre sur un meme specimen
toutes les phases intermediaires depuis l'etat fibreux fortement
accuse jusqu'a l'etat granuleux.
On n'a pas observe de traces distinctes de vesicules gemmuliferes,
mais sur un specimen qui porte, a ce que l'on croit, des empreintes de
cette espece, on peut observer accidentellement, pres des bouches, des
moules hemispheriques a surface parfaitement arrondie, qui ne sont
evidemment pas relies directement avec l'interieur des cellules,
et que l'on considere comme representant peut-etre ces vesicules.
_Fenestella internata_ semble etre un fossile abondant; une pierre
plate mesurant environ 8 pouces de longueur et 6 de largeur est
couverte, sur les deux faces, de fragments de ce corail, et il existe
dans la collection un grand nombre de fragments plus petits.
La roche encaissante est constituee ordinairement par un schiste
argilo-calcareux gris, mais elle consiste parfois en un calcaire
ecailleux ou en une pierre argileuse dure et ferrugineuse ou
faiblement coloree.
3.--Fenestella fossula, Sp. n.
_Capuliforme, surface cellulifere interne; branches dichotomes,
deliees; mailles ovales; deux rangees de cellules; connexions
transversales non celluleuses; couche interne de la surface non
cellulifere finement fibreuse; couche externe polie ou granuleuse_.
Par son aspect general et les details de sa structure cette espece
offre une grande ressemblance avec _Fenestella flustracea_ de la
dolomie d'Angleterre (_Retepora flustracea, Geological Transactions_,
2e serie, vol. VII, pl. XII, fig. 8), mais elle en differe par le
caractere particulier que presente le moule de la surface cellulifere
dont nous indiquerons la nature en decrivant cette surface.
Le specimen principal est une coupe presque intacte haute de 1 pouce
et demi et mesurant environ 2 pouces de diametre dans la partie
comprimee la plus large. On n'observe pas de variations notables des
caracteres, mais quelquefois des irregularites de croissance, dues
probablement a des accidents survenus pendant le developpement
progressif de l'organisme.
Les caracteres que nous indiquons ici ont ete observes sur des moules,
car on n'a pas rencontre de surface parfaite. Les dimensions des
branches sont fort uniformes, elles ne s'elargissent que tres
legerement aux points de bifurcation qui sont eloignes les uns des
autres, et leur epaisseur etait vraisemblablement presque egal a leur
largeur. Le moule de la surface cellulaire est traverse dans le sens
de son axe par une rigole etroite a bords aigus (_fossula_), a parois
presque verticales, caractere distinctif entre cette espece et _Fen.
flustracea_. Les moules cylindriques des ouvertures ou de l'interieur
des cellules sont disposes sur un seul rang de chaque cote de la
rigole, et on ne peut pas observer nettement une augmentation de leur
nombre aux bifurcations. Le long de l'axe de la rigole il y a une
rangee d'indentations ou de petites cavites coniques, caractere que
l'on constate dans d'autres especes, particulierement dans _Fen.
flustracea_. Ce ne sont evidemment pas les moules d'ouvertures de
cellules, mais de papilles relativement grandes. On a observe des
traces de saillies de ce genre dans plusieurs autres cas.
Sur le petit fragment garni d'ouvertures que l'on a trouve, ces
ouvertures sontgrandes, rondes, et font une faible saillie, elles ne
sont pas fort eloignees les unes des autres, et le meme petit fragment
porte une crete imparfaitement developpee. Les restes de la surface
non celluleuse ne presentent pas de caracteres qui meritent d'etre
signales, mais on a observe des traces d'une couche striee unie.
Les deux specimens qui ont fourni ces details de structure sont
engages dans un calcaire dur de couleur sombre.
Hemitrypa sexangula, Sp. n.
_Reseau fin, hexagonal; mailles rondes en rangees doubles_.
Le corail auquel s'appliquent ces caracteres incomplets est empate
dans la surface schistoide d'un calcaire dur de couleur sombre. Il a
environ 1 pouce de largeur et un demi-pouce de hauteur, et consiste en
deux reseaux superposes, l'un a mailles quadrangulaires et l'autre
a mailles hexagonales, avec une aire interieure arrondie; le reseau
quadrangulaire a ete enleve sur une partie considerable du specimen,
de sorte que le contact des deux structures est bien visible.
On admet que les caracteres generiques essentiels de ce fossile
s'accordent entierement avec ceux d'_Hemitrypa_ (Pal. Foss. Cornwall,
p. 27), mais son bon etat de conservation et certaines facilites qui
en resultaient pour la determination des details de structure ont fait
prevaloir, au sujet de sa nature, une opinion un peu differente de
celle qui est exposee dans l'ouvrage que je viens de citer.
La surface interne d'_Hemitrypa oculata_ (_loc. cit_.) est decrite
comme "portant des cretes radiees", et possedant "des depressions
intermediaires ovales qui ne penetrent qu'a la moitie de l'epaisseur
de la substance du corail, et n'atteignent nulle part la surface
externe". La partie equivalente du specimen de la Terre Van Diemen
correspond parfaitement a cette description, sauf quant a la forme des
mailles ou depressions; pourtant il n'est pas simplement "semblable a
quelques Fenestellae", mais il presente tous les caracteres essentiels
de ce genre, et l'on croit que c'est un fragment de _Fen. fossula_. On
est arrive a cette conclusion par l'etude d'un petit fragment detache
mecaniquement, et qui portait une rangee de grandes ouvertures rondes
faisant saillie. La surface externe d'_Hem. oculata_ est decrite comme
"completement couverte de nombreux pores ou cellules ronds"--"disposes
en rangees doubles", et l'on a constate que la partie correspondante
d'_Hem. sexangula_ consiste aussi en une surface semblable formee
de doubles rangees de mailles rondes ou "pores" mais a contours
hexagonaux, et l'on voit sur le specimen engage dans sa gangue
qu'ils penetrent jusqu'a la surface de la Fenestella ou reseau
quadrangulaire.
Ces details de structure ont paru suffisants pour etablir un rapport
generique entre le corail de la Terre Van Diemen et _Hemitrypa
oculata_; et l'examen d'un specimen de ce genre provenant d'Irlande a
confirme pleinement les details de structure que montre la "surface
interne" du specimen auquel on donne provisoirement le nom
d'_Hemitrypa sexangula_.
Aucune opinion n'a ete formulee sur la veritable nature du reseau
"externe". Il est forme presque en totalite d'une matiere calcaire
gris sombre qui parait remplir les vides d'un organisme a structure
originairement celluleuse; mais on a observe aussi quelques petites
plages de la couverture externe qui consistent en une croute blanche
opaque, sur la surface primitivement en contact avec le reseau
externe. Il ne parait pas douteux que ce soit un parasite, et la
similitude interessante qui existe entre l'espace occupe par la double
rangee de mailles et par les branches paralleles de la Fenestella,
provient probablement de ce que ce dernier corail a presente des
lignes de base favorables pour la fixation de l'Hemitrypa. Dans
le specimen de la Terre Van Diemen le rapport est decele par un
accroissement de la largeur du reseau et par une rangee de points
saillants. Il existe aussi une concordance remarquable entre la
disposition des ouvertures de la Fenestella et les mailles du
reseau "interne". Des concordances de ce genre sont admirablement
representees dans les excellentes figures de M. Phillips (_Pal. Fos_,
pl. XIII, fig. 38).
Les parties solides de l'organisme etant excessivement fines, au point
de ressembler au fil de la dentelle la plus delicate, les essais que
l'on a tentes pour decouvrir des caracteres interieurs satisfaisants
ont echoue, excepte en un endroit ou l'on a cru reconnaitre une
veritable disposition cellulaire[1]. Rien non plus n'a ete determine
au sujet de la croute de revetement.
Quoique l'on puisse faire des objections a l'application du nom
d'Hemitrypa a ces coraux, on a cru devoir conserver le mot, jusqu'a
ce que les caracteres du genre aient ete determines d'une maniere
complete.
Note:
[1] On a constamment fait usage d'une loupe Codrington d'un demi-pouce
de diametre, pour l'etude des coraux decrits dans cette notice.
FIN
TABLE
Abel (M.).--Sur des moules calcaires au cap de Bonne-Esperance
Abingdon (Ile)
Abrolhos (Incrustations aux iles)
Acores
Affaissee (Region) a l'Ascension
Albatros; leur disparition de Sainte-Helene
Albemarle (Ile)
Albite aux iles Galapagos
Amygdaloidales (Origine calcaire des roches)
Amygdaloides (Vacuoles) a moitie remplies
Ascension
--Absence de dikes, absence actuelle d'action volcanique et etat des
coulees de lave a l'Ascension
--Incrustations arborescentes sur des roches de l'Ascension
Ascidies (Extinction des)
Atlantique. Nouveau foyer volcanique dans l'ocean Atlantique
Augite fondue
Australie
Bahia au Bresil (Dikes a)
Bailly (M.).--Sur les montagnes de l'ile Maurice
Baldhead
Bank's Cove
Barn (Le), a Sainte-Helene
Basalte colonnaire
--(Poids specifique du)
Basaltiques (Montagnes) cotieres a l'ile Maurice
--a Sainte-Helene
--a San Thiago
Beaumont (M. Elie de).--Sur des cirques d'eboulement dans la lave
--Sur des dikes demontrant le soulevement
--Sur des dikes lamellaires
--Sur l'inclinaison des coulees laviques
Beudant (M.).--Sur les bombes volcaniques
--Sur le jaspe
--Sur l'obsidienne de Hongrie
--Sur la presence de la silice dans le trachyte
--Sur le trachyte lamellaire
Bermudes (Roches calcareuses des)
Bol
Bombes volcaniques
Bonne-Esperance (Cap de)
Bory de Saint-Vincent.--Sur les bombes volcaniques
Boue (Torrents de) a l'archipel des Galapagos
Brattle (Ile)
Brewster (Sir D.).--Sur une substance calcareuse d'origine animale
--Sur le verre decompose
Brown (M.R.).--Sur des corps spheruliliques dans le bois silicifie
--Sur des vegelaux fossiles de la Terre Van Diemen
Buch (Von).--Sur des couches calcareuses superficielles aux iles
Canaries
--Sur des coulees d'obsidienne
--Sur la lave caverneuse
--Sur la lave lamellaire
--Sur la descente des cristaux dans l'obsidienne
--Sur la presence de l'olivine dans le basalte
--Sur les volcans centraux
Cailloux (Absence des) en Australie et au cap de Bonne-Esperance
--de greenstone a la Nouvelle-Zelande
Calcaires (Depots) a San Thiago modifies par la chaleur
--(gres) a Sainte-Helene
--(Incrustations) a l'Ascension
--(Lits) superficiels a King George's Sound
--(Matiere), fibreuse entrainee et empatee dans des scories
--(Roche), a l'Ascension
Calcedoine dans le basalte et dans le bois silicifie
Calcedoine (Nodules de)
Cap de Bonne-Esperance
Carbonique (Acide), son expulsion par la chaleur
Carmichael (Le capitaine).--Sur les revetements vitreux de certains
dikes
_Cerithium_ (fossile)
Chaleur (Action de la) sur une matiere calcaire
Chatham (Ile)
Chaux (Sulfate de), a l'Ascension
Chlorophaeite
Clarke (Le Rev. W.).--Sur le cap de Bonne-Esperance
_Cochlicopa_ (fossile)
_Cochlogena auris Vulpina_
Comptes rendus. Rapport sur les phenomenes volcaniques de
l'Atlantique
Conception (Tremblement de terre de)
Concretions, leur comparaison dans les roches aqueuses et ignees
--dans le tuf
--d'obsidienne
Conglomerat recent a San Thiago
Coquilles (Colloration des), modifiee par la lumiere
--fossiles de Sainte-Helene, de San Thiago, de la Terre Van Diemen
--(Fragments de), transportes par le vent a Sainte-Helene
--(Matiere calcaire provenant des), deposee par les vagues
--terrestres fossiles a Sainte-Helene
Coquimbo (Roche curieuse de)
Coraux fossiles de la Terre Van Diemen
Cotes (Denudation des), a Sainte-Helene
Coulees d'obsidienne
Cratere (Corniche interieure et parapet entourant un)
--(Grand) central a Sainte-Helene
--(Segment de) aux Galapagos
Crateres basaltiques a l'Ascension
--(Etat ruine des)
--(Forme des), modifiee par le vent alize
--(Petits) basaltiques a l'archipel des Galapagos
--a San Thiago
--de soulevement
--de tuf a l'archipel des Galapagos
--a Terceira
Cristallisation, favorisee par l'espace
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