Observations Geologiques sur les Iles Volcaniques
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[Illustration: FIG. 13.--Coupe des promontoires qui forment Bank's
Cove, montrant les strates divergentes qui constituent le cratere, et
le talus a couches convergentes. Le point culminant de ces collines
est a 817 pieds au-dessus du niveau de la mer.]
ILE JAMES.--Parmi les crateres de tuf existant encore dans cette ile,
il n'y en a que deux qui meritent une description. L'un d'eux est
situe a un mille et demi de Puerto Grande, vers l'interieur de l'ile;
il est circulaire et mesure environ un tiers de mille de diametre, et
400 pieds de profondeur. Il differe de tous les autres crateres de tuf
que j'ai etudies en ce que la partie la plus profonde de sa cavite est
formee, jusqu'a la hauteur de 100 a 150 pieds, par un mur vertical de
basalte, comme si le cratere s'etait fait jour au travers d'une nappe
rocheuse compacte. La partie superieure de ce cratere consiste en
couches du tuf altere a cassure semi-resineuse que nous avons etudie
plus haut. Son fond est occupe par un lac d'eau salee peu profond
recouvrant des couches de sel qui reposent sur un lit tres epais
de boue noire. L'autre cratere, eloigne de quelques milles, n'est
remarquable que par ses dimensions et parce qu'il est fort bien
conserve. Son sommet est a 1200 pieds au-dessus du niveau de la mer,
et la cavite interieure est profonde de 600 pieds. Ses flancs externes
inclines offrent un aspect curieux du a l'uniformite de la surface
de ces grandes couches de tuf qui ressemblent a un vaste pavement
cimente. L'ile Brattle est, je crois, le plus grand cratere de tuf qui
existe dans l'archipel; son diametre interieur est de pres de 1 mille
marin. Ce cratere, aujourd'hui en ruines, est dispose sur un arc de
cercle qui mesure un peu plus d'une demi-circonference; il est ouvert
du cote du sud, ses grandes dimensions sont probablement dues, pour
une part notable, a l'erosion de l'interieur du cratere par l'action
de la mer.
_Segment d'un petit cratere basaltique_.--L'anse designee sous le nom
de Fresh-water Bay, dans l'ile James, est limitee d'un cote par un
promontoire qui constitue la derniere epave d'un grand cratere. Un
segment, en forme de quart de cercle, ayant fait partie d'un petit
centre d'eruption subordonne, se trouve a decouvert sur le rivage
de ce promontoire. Il consiste en neuf petites coulees de lave
distinctes, accumulees les unes au-dessus des autres, et en une sorte
de pic colonnaire irregulier, haut de 15 pieds environ, forme de
basalte celluleux brun-rougeatre, et contenant en abondance de grands
cristaux d'albite vitreuse et de l'augite fondue. Ce pic, avec
quelques mamelons rocheux adjacents repandus sur le rivage, represente
l'axe du cratere. Les coulees de lave peuvent etre suivies dans un
petit ravin, perpendiculairement a la cote, sur une longueur de 10
a 15 yards; elles sont cachees ensuite sous des debris. Le long du
rivage on les voit sur un espace de pres de 80 yards, et je ne
crois pas qu'elles s'etendent beaucoup plus loin. Les trois coulees
inferieures sont soudees a ce pic, et sont legerement recourbees au
point de jonction, comme si elles se repandaient encore par-dessus la
levre du cratere (ainsi qu'on le voit dans le croquis grossierement
dessine (fig. no. 14) qui a ete pris sur place). Les six coulees
superieures etaient, sans aucun doute, primitivement unies a la meme
colonne avant que celle-ci eut ete demolie par la mer. La lave de ces
coulees a la meme composition que celle de la colonne, sauf que les
cristaux d'albite ne paraissent pas etre reduits en fragments aussi
petits, et que les grains d'augite fondue manquent. Chaque coulee est
separee de celle qui la surmonte par une couche, epaisse de quelques
pouces ou tout au plus de 1 a 2 pieds, de scories en fragments
incoherents, produites sans doute par la friction des coulees
passant les unes au-dessus des autres. Toutes ces coulees sont fort
remarquables par leur faible epaisseur. J'ai mesure soigneusement
plusieurs d'entre elles et j'en ai trouve une de 8 pouces d'epaisseur,
mais elle etait recouverte sur les deux faces par une couche fortement
adherente d'une roche scoriacee rouge, epaisse de 3 pouces (comme
cela se presente pour toutes les coulees); tout l'ensemble avait
une epaisseur de 14 pouces qui demeurait tres uniforme sur toute
la longueur de la coupe. Une seconde coulee n'avait que 8 pouces
d'epaisseur, en y comprenant les surfaces scoriacees inferieure et
superieure. Avant d'avoir vu cette coupe, je n'aurais pas cru possible
que la lave put se repandre en nappes aussi uniformement minces sur
une surface qui est loin d'etre unie. Ces petites coulees ressemblent
beaucoup par leur composition aux grands flots de lave de l'ile
Albemarle qui doivent avoir presente, eux aussi, un haut degre de
fluidite.
[Illustration: FIG. 14--Segment d'un tres petit centre d'eruption sur
le rivage de Fresh-water Bay.]
_Fragments d'apparence platonique rejetes par ce cratere_.--Dans la
lave et dans les scories de ce petit cratere j'ai trouve plusieurs
fragments qui, par leur forme anguleuse, leur structure grenue, leur
fragilite, l'action calorifique qu'ils ont subie, et par l'absence de
vacuoles, ressemblent beaucoup aux fragments de roches primitives
que les volcans de l'ile de l'Ascension rejettent quelquefois. Ces
fragments consistent en albite vitreuse fortement usee et a clivages
tres imparfaits, melangee d'un mineral bleu d'acier en grains
semi-arrondis, a surface trouble et luisante. Les cristaux d'albite
sont recouverts d'un oxyde de fer rouge qui semble etre un residu,
et leurs plans de clivage sont parfois separes aussi par des couches
excessivement fines de cet oxyde, dessinant sur le cristal des lignes
semblables a celles d'un micrometre de verre. Il n'y avait pas de
quartz. Le mineral bleu d'acier qui abonde dans la partie colonnaire,
mais qui est absent dans les coulees derivant de ce pic, offre
l'aspect d'un corps qui a subi une fusion, et presente rarement
quelque trace de clivage. Pourtant j'ai pu demontrer par une mesure
prise sur un echantillon que c'etait de l'augite. Dans un autre
fragment, qui se distinguait de ses congeneres parce qu'il etait
legerement celluleux et passait graduellement a la pate de la roche,
les petits grains d'augite etaient assez bien cristallises. Quoiqu'il
y ait, en apparence, une difference si considerable entre la lave des
petites coulees, specialement entre leur croute scoriacee rouge, et
un de ces fragments anguleux rejetes, que l'on pourrait prendre a
premiere vue pour de la syenite, je crois cependant que la lave a ete
formee par la fusion et le mouvement d'ecoulement d'une masse rocheuse
dont la composition est absolument semblable a celle de ces fragments.
Outre le specimen dont il vient d'etre question et ou nous voyons
un fragment devenir legerement celluleux et se fondre dans la masse
environnante, la surface de quelques-uns des grains d'augite bleu
d'acier devient finement vacuolaire et passe a la pate englobante;
d'autres grains sont dans un etat intermediaire. La pate semble
consister en augite plus parfaitement fondue, ou, ce qui est plus
probable, simplement modifiee par le mouvement de la masse, lorsque
ce mineral etait a l'etat visqueux, et melangee d'oxyde de fer et
d'albite vitreuse reduite en tres petits fragments. C'est probablement
pour cette raison que l'augite fondue, abondante dans le pic,
disparait dans les coulees. L'albite se trouve exactement au meme etat
dans la lave et dans les fragments empates, sauf que la plupart des
cristaux sont plus petits, mais ils paraissent moins abondants dans
les fragments. Ceci pourrait cependant se produire naturellement par
l'intumescence de la base augitique donnant lieu a un accroissement
apparent de son volume. Il est interessant de suivre ainsi les phases
par lesquelles passe une roche grenue et compacte pour se transformer
d'abord en une lave celluleuse pseudo-porphyrique et finalement en
scories rouges. La structure et la composition des fragments empates
montrent qu'ils ont ete detaches d'une roche primitive et ont subi
des alterations considerables par l'action volcanique ou, plus
probablement, qu'ils ont ete arraches a la croute d'une masse de lave
refroidie et cristallisee, ulterieurement brisee et refondue, et dont
la croute a ete attaquee moins fortement que le reste de la masse par
la nouvelle fusion et le nouveau mouvement qu'elle a subis.
_Remarques finales sur les crateres de tuf_.--Ces crateres constituent
le trait le plus frappant de la geologie de l'archipel, par la
presence d'une substance resiniforme qui intervient pour une grande
part dans leur composition, par leur structure, leur dimension et
leur nombre. La plupart d'entre eux forment des ilots separes ou des
promontoires relies aux iles principales, et ceux qui se trouvent
actuellement a une petite distance de la cote, dans l'interieur des
iles, sont ruines et perces de breches comme s'ils avaient ete exposes
a l'action de la mer. Je suis porte a conclure de cette condition
generale de leur situation et de la faible quantite de cendres
rejetees dans l'archipel, que le tuf a ete forme principalement par le
broyage mutuel de fragments de lave dans l'interieur de crateres
en activite qui communiquaient avec la mer. Par l'origine et la
composition du tuf, et par la presence frequente d'un lac central
d'eau salee et de couches de sel, ces crateres representent, sur une
grande echelle, les "salses" ou monticules de boue qui existent en
grand nombre dans certaines regions de l'Italie et dans d'autres
contrees[13]. Cependant les rapports plus intimes des crateres de cet
archipel avec les phenomenes ordinaires de l'action volcanique
sont mis en evidence par ces masses de basalte solidifie qui les
remplissent quelquefois jusqu'au bord.
Il semble fort singulier, a premiere vue, que dans tous les crateres
formes de tuf le versant meridional soit, ou bien entierement demoli
et completement emporte, ou bien beaucoup moins eleve que les autres
versants. J'ai visite ou pris des renseignements sur vingt-huit de
ces crateres; douze d'entre eux forment des ilots separes[14] et se
presentent aujourd'hui a l'etat de simples croissants entierement
ouverts du cote du sud, avec, parfois, quelques pointes de rochers
marquant leur circonference primitive; parmi les seize crateres
restants, quelques-uns forment des promontoires, et d'autres sont
situes dans l'interieur des iles, a une faible distance du rivage;
mais pour tous le flanc meridional est plus bas que les autres ou
completement demoli. Pourtant le flanc septentrional de deux des seize
crateres etait egalement bas, tandis que les cotes de l'est et de
l'ouest etaient intacts. Je n'ai rencontre ni entendu mentionner
aucune exception a la regle d'apres laquelle ces crateres sont ruines
ou presentent une paroi basse sur le cote qui fait face a un point
de l'horizon situe entre le sud-est et le sud-ouest. Cette regle
ne s'applique pas aux crateres formes de lave et de scories.
L'explication en est simple: dans cet archipel la direction des vagues
soulevees par les vents alizes coincide avec celle de la houle venant
des regions eloignees de l'ocean largement ouvert (contrairement a ce
qui se passe dans plusieurs parties du Pacifique) et attaquent la
cote meridionale de toutes les iles, avec leurs forces reunies; il en
resulte que le versant meridional est invariablement plus escarpe que
le versant septentrional, meme quand il est forme completement de
roches basaltiques dures. Comme les crateres de tuf sont constitues
par une matiere tendre, et que probablement ils ont tous ou presque
tous traverse une periode d'immersion, il n'est pas etonnant qu'ils
montrent invariablement les effets de cette grande puissance erosive
sur ceux de leurs flancs qui s'y sont trouves exposes. Il est
probable, d'apres l'etat ruine d'un grand nombre d'entre eux, que
plusieurs autres crateres ont ete entierement demolis par la mer. Nous
n'avons aucune raison de supposer que les crateres constitues par des
scories et des laves ont ete formes dans la mer, et cela nous montre
pourquoi la regle ne leur est pas applicable. Nous avons montre
qu'a l'Ascension les orifices des crateres, qui sont tous d'origine
terrestre, ont ete attaques par les vents alizes; ce meme agent peut
contribuer egalement ici a abaisser, des le moment de leur formation,
les flancs exposes au vent dans certains de ces crateres.
_Composition mineralogique des roches_.--Dans les iles
septentrionales, les laves basaltiques paraissent generalement
contenir plus d'albite que dans la moitie meridionale de l'archipel;
mais presque toutes les coulees en renferment une quantite plus ou
moins grande. L'albite est associee assez souvent a l'olivine. Je n'ai
observe de cristaux determinables d'augite ou de hornblende dans
aucun echantillon, a l'exception des grains fondus contenus dans les
fragments rejetes et dans le pic du petit cratere decrit plus haut. Je
n'ai rencontre aucun specimen de vrai trachyte, quoique quelques-unes
des laves les plus pales presentent une certaine ressemblance avec
cette roche lorsqu'elles contiennent en abondance de grands cristaux
d'albite vitreuse et rude au toucher; mais la pate est toujours
fusible en email noir. Ainsi que nous l'avons constate plus haut,
les lits de cendres et les scories rejetees au loin manquent presque
toujours; et je n'ai vu ni un fragment d'obsidienne ni de pierre
ponce. Von Buch[15] croit que l'absence de ponce sur l'Etna provient
de ce que le feldspath y appartient a la variete Labrador; si la
presence de la ponce depend de la nature du feldspath, il est
singulier qu'elle manque dans cet archipel et abonde dans les
Cordilleres de l'Amerique meridionale, puisque dans ces deux regions
le feldspath appartient a la variete albitique. Par suite de l'absence
des cendres, et de la nature generalement inalterable des laves de cet
archipel, les iles se couvrent lentement d'une maigre vegetation et le
paysage presente un aspect desole et sinistre.
_Soulevement de la region_.--Les preuves du soulevement de la contree
sont rares et peu nettes. J'ai remarque a l'ile Chatham de grands
blocs de lave cimentes par une matiere calcaire qui contenait des
coquilles recentes; mais ils se trouvaient a la hauteur de quelques
pieds seulement au-dessus de la laisse de haute mer. Un des officiers
m'a donne des fragments de coquilles qu'il avait trouvees a plusieurs
centaines de pieds au-dessus de la mer, empatees dans le tuf de deux
crateres fort eloignes l'un de l'autre. Il est possible que ces
fragments aient ete portes a l'altitude qu'ils occupent aujourd'hui,
par une eruption de boue; mais comme sur l'un des crateres ils etaient
associes a des coquilles d'huitres brisees constituant en quelque
sorte un banc, il est plus vraisemblable que le tuf a ete souleve en
masse avec les coquilles. Les specimens sont en si mauvais etat que
tout ce qu'on peut y reconnaitre, c'est qu'ils appartiennent a des
genres marins recents. Dans l'ile Charles, j'ai observe une ligne de
grands blocs arrondis, entasses au sommet d'une falaise verticale, a
15 pieds au-dessus de la ligne ou la mer s'eleve aujourd'hui pendant
les tempetes les plus violentes. Ce fait semblait d'abord constituer
une preuve evidente du soulevement de la region, mais il etait
absolument decevant, car je constatai plus tard sur une partie voisine
de la meme cote, et j'appris de temoins oculaires, que partout ou une
coulee recente de lave forme un plan incline uni en entrant dans la
mer, les vagues, durant les tempetes, _font rouler des blocs arrondis_
jusqu'a une grande hauteur au-dessus de la limite de leur action
ordinaire. Comme la petite falaise est formee ici par une coulee de
lave qui avant d'avoir ete demolie devait plonger dans la mer en lui
presentant une surface doucement inclinee, il est possible, ou plutot
il est probable que les blocs arrondis qui gisent maintenant a son
sommet soient simplement les restes de ceux qui ont ete eleves a
leur altitude actuelle en _roulant_ sur le plan incline pendant les
tempetes.
_Direction des fentes d'eruption_.--Dans cet archipel, les orifices
volcaniques ne peuvent pas etre consideres comme distribues au hasard.
Trois grands crateres de l'ile Albemarle forment une ligne nette qui
s'etend du N.-N.-W. au S.-S.-E. L'ile Narborough et le grand cratere
situe dans la partie rectangulaire de l'ile Albemarle dessinent
une seconde ligne parallele a la premiere. Vers l'est, l'ile Hood
determine, avec les iles et les rochers qui sont situes entre elle et
l'ile James, une autre ligne presque parallele, dont le prolongement
passe par les iles Culpepper et Wenman situees a 70 milles au nord.
Les autres iles, qui se trouvent plus a l'est, forment une quatrieme
ligne moins reguliere. Plusieurs d'entre elles et les orifices
volcaniques de l'ile Albemarle sont disposes de telle sorte qu'ils se
trouvent sur une serie de lignes approximativement paralleles, coupant
les premieres lignes a angles droits; il en resulte que les principaux
crateres paraissent etre situes aux points ou deux series de fissures
se croisent. Les iles elles-memes, a l'exception de l'ile Albemarle,
ne sont pas allongees dans le meme sens que les lignes sur lesquelles
elles se trouvent. L'orientation de ces iles est a peu pres la meme
que celle qui domine d'une maniere si remarquable dans les nombreux
archipels de l'ocean Pacifique. Je dois faire observer, enfin, que
dans les iles Galapagos il n'y a pas de cratere qui domine les autres,
c'est-a-dire d'orifice volcanique principal beaucoup plus eleve
que tous les autres crateres, comme on le remarque dans plusieurs
archipels volcaniques; le cratere le plus eleve est le grand remblai
situe a l'extremite sud-ouest de l'ile Albemarle, et qui ne depasse
que de 1.000 pieds seulement plusieurs autres crateres voisins.
Notes:
[1] Je ne comprends pas dans cette evaluation les petites iles
volcaniques de Culpepper et de Wenman, situees a 70 milles au nord du
groupe. On voit des crateres dans toutes les iles de l'archipel,
sauf dans l'ile Towers, qui est l'une des plus basses; cette ile est
formee, cependant, de roches volcaniques.
[2] Les concretions contenant de la chaux, que j'ai decrites a
l'Ascension comme formees dans un lit de cendres, offrent un certain
degre de ressemblance avec cette substance, mais leur cassure n'est
pas resineuse. J'ai trouve egalement a Sainte-Helene des veines d'une
substance plus ou moins semblable; elle etait compacte mais non
resineuse, et se presentait dans un lit de cendres ponceuses qui ne
contenait probablement pas de matiere calcaire: l'action de la chaleur
n'avait pu intervenir dans aucun de ces deux cas.
[3] Les geologues qui restreignent le terme de "tuf" aux cendres
blanches provenant de la trituration de laves feldspathiques,
donneraient le nom de "peperino" a ces couches colorees en brun.
[4] M. Elie de Beaumont a decrit (_Memoires pour servir_, etc., t.
VI, p. 113) plusieurs "petits cirques d'eboulement" qu'on observe sur
l'Etna et dont l'origine est connue historiquement, au moins pour
quelques-uns d'entre eux.
[5] Sir G. Mackensie (_Travels in Iceland_, p. 389 a 392) a decrit une
plaine de lave s'etendant au pied de l'Hecla, et qui est soulevee de
tous cotes en grandes bulles ou grandes ampoules. Sir George rapporte
que cette lave caverneuse constitue la couche superficielle. Le meme
fait est affirme par Von Buch (_Description des iles Canaries_, p.
139) au sujet de la coulee basaltique qui se trouve pres de Rialejo a
Tenerife. Il semble singulier que les coulees superieures soient plus
caverneuses que les autres, car on ne voit aucune raison pour que les
coulees, tant les plus elevees que les plus inferieures, n'aient pas
toutes subi une action identique, a des epoques differentes.--Les
coulees inferieures se sont-elles repandues sous la mer, et ont-elles
ete comprimees par sa pression au point de s'aplatir, posterieurement
au passage des masses gazeuses qui les ont traversees?
[6] Dans les Cordilleres du Chili j'ai vu des laves ressemblant
beaucoup a cette variete de l'archipel des Galapagos. Elle renfermait
pourtant, outre l'albite, des cristaux d'augite nettement formes,
et la pate offrait une couleur un peu plus pale, due peut-etre a
l'agregation des particules augitiques. Je dois faire remarquer ici
que, dans tous les cas dont il s'agit, je designe sous le nom d'albite
les cristaux de feldspath dont les clivages, mesures au goniometre
a reflexion, repondent a ceux de ce mineral. Cependant, comme on a
decouvert dans ces derniers temps que d'autres especes de la meme
famille presentent des clivages tres voisins de ceux de l'albite,
cette determination doit etre consideree comme purement provisoire.
J'ai etudie les cristaux contenus dans les laves de diverses parties
de l'archipel des Galapagos, et j'ai reconnu que, sauf quelques
cristaux provenant d'un seul point de l'ile James, ils ne presentaient
jamais les clivages de l'orthose ou feldspath potassique.
[7] _Description des Isles Canaries_, p. 295.
[8] De Humboldt rapporte qu'il prit pour de l'olivine un mineral
augitique vert, que l'on trouve dans les roches volcaniques de la
Cordillere de Quito.
[9] La forme irreguliere et anguleuse des vacuoles est probablement
due a la maniere irreguliere dont cede a la pression des gaz une masse
formee de cristaux solides et de pate visqueuse en proportions a peu
pres egales. Comme on pouvait s'y attendre, il semble certain que,
dans la lave qui a possede une grande fluidite ou un grain uniforme,
les vacuoles sont spheriques et leurs parois interieures lisses.
[10] Un specimen de lave basaltique renfermant quelques petits
cristaux d'albite brises, et qui m'a ete donne par un des officiers,
merite peut-etre une description. Il consiste en ramifications
cylindriques, dont quelques-unes n'ont que 1/20e de pouce de diametre
et sont etirees en pointes tres aigues. La masse n'a pas ete formee,
comme une stalactite, car les pointes sont dirigees tantot vers le
haut, tantot vers le bas. Des globules dont le diametre n'est que de
1/40e de pouce sont tombes de quelques-unes des pointes et adherent
aux ramifications voisines. La lave est vesiculaire, mais les vacuoles
n'atteignent jamais la surface des branches, qui sont unies et
luisantes. Comme on croit generalement que les vacuoles sont toujours
allongees suivant la direction du mouvement de la masse fluide, je
dois faire observer que toutes les vacuoles sont spheriques dans ces
branches cylindriques dont le diametre varie de 1/4 a 1/20e de pouce.
[11] Cette conclusion offre un certain interet parce que M. Dufrenoy
(_Memoires pour servir_, etc., t. IV, p. 274) a soutenu que le Monte
Nuovo et d'autres crateres de l'Italie meridionale ont ete formes par
soulevement, en s'appuyant sur le fait que des couches de tuf, d'une
composition probablement semblable a celle du tuf decrit plus haut, y
sont inclinees sous des angles de 18 a 20 deg.. En presence des faits que
nous avons cites relativement a la disposition en voute des
cotes separees, et a ce que les tufs ne s'etendent pas en nappes
horizontales autour de ces collines crateriformes, personne ne
supposera que les couches ont ete formees ici par soulevement; nous
voyons cependant que leur inclinaison depasse 20 deg., et atteint meme
souvent 30 deg.. Les strates consolidees du talus interne plongent
egalement d'un angle superieur a 30 deg., comme nous allons le montrer a
l'instant.
[12] Je crois que ce fait se presente actuellement aux iles Acores ou
le Dr Webster (_Description_, p. 185) a decrit une petite ile en
forme de bassin, constituee par des _couches de tuf_ plongeant vers
l'interieur et limitees exterieurement par des falaises escarpees
decoupees par la mer. Le Dr Daubeny suppose (_On Volcanoes_, p. 266)
que cette cavite a ete formee par un affaissement circulaire. Il me
parait beaucoup plus vraisemblable que nous sommes ici en presence de
couches deposees primitivement dans la cavite d'un cratere dont les
parois externes ont ete enlevees plus tard par erosion marine.
[13] _Traite de Geognosie_ de D'Aubuisson, t. I, p. 189. Je dois faire
observer que j'ai vu a Terceira, aux iles Acores, un cratere de tuf ou
peperino ressemblant beaucoup a ceux de l'archipel des Galapagos. On
en rencontre de semblables aux iles Sandwich, d'apres la description
qu'en donne le _Voyage de Freycinet_, et il est probable qu'il existe
des crateres de ce genre dans plusieurs autres contrees.
[14] Ce sont: les trois ilots de Crossman dont le plus grand a 600
pieds de haut; l'ile Enchantee; l'ile Gardner (760 pieds de hauteur);
l'ile Champion (331 pieds de hauteur); l'ile Enderby; l'ile Brattle;
deux ilots voisins de l'ile Infatigable, et un ilot situe pres de
l'ile James. Un second cratere voisin de l'ile James (avec un lac
sale au centre) presente du cote du sud une paroi haute de 20
pieds seulement, tandis que les autres parties de la circonference
atteignent 300 pieds de hauteur.
[15] _Description des iles Canaries_, p. 328.
CHAPITRE VI
TRACHYTE ET BASALTE.--DISTRIBUTION DES ILES VOLCANIQUES
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